Ode à l'ortie (3) : Le baume "matifiant" à l'ortie et à la marjolaine

Aroma beauté, bien-etre et santé

Par atelierdemichele

                          Avec mon huile d'olive macérée aux feuilles fraîches d'ortie, j'ai fabriqué un baume très simple parfumé à la marjolaine.

L'épaississement de l'huile est obtenu grâce à la cire de ricin qui me semble être une cire bien particulière.


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On peut penser :

- que l'on peut lui substituer n'importe quelle autre cire issue d'une huile végétale hydrogénée (cire d'amande douce,  cire d'abricot, cire de son de riz ...) puisque c'est aussi une cire hydrogénée (INCI hydrogenated castor wax)

- qu'elle possède les propriétés de l'huile de ricin (cheveu, ongles...)

mais elle ne fait pas seulement ça.


             C'est l'une des cires qui permet d'épaissir les émulsions obtenues avec certains émulsifiants huile dans eau comme le P3R avec lequel l'on obtient plutôt des laits que des crèmes.

Elle est bien lubrifiante et devrait être d'autant plus agréable dans les rouges à lèvres qu'elle est un agent de liaison des pigments.

La cire de ricin est préconisée pour durcir les déodorants et ce n'est pas pour rien. Elle donne un toucher quasi mat. D'où mon titre accrocheur.


 Autres formules avec de la cire de ricin :

un trio de baumes colorés

un déodorant crème

un conditionneur capillaire sans BTMS

un baume pour les ongles


              Certaines personnes fabriquent-elles encore des déodorants sur baume?

Je me suis toujours demandée si elles n'avaient pas une sensation de macération désagréable à cause du support huileux. N'ayant jamais testé, je ne sais pas si cela convient ou pas mais si je devais faire un déodorant solide sur gras, je l'épaissirais volontiers à la cire de ricin.

Selon la quantité de baume étalée, on observe une sensation de peau mate malgré le 100% gras.

Ce que ne donne aucune autre cire végétale dans un baume (à ma connaissance) sauf à y introduire un constituant sensé améliorer le toucher (émulsifiants, esters d'acides gras...).

 


DSC04534Cire de ricin


               J'ai donc délibérément fabriqué une formule extra simple qui permette de vérifier cet aspect là.

Je suis complètement charmée par la pénétration obtenue. A moins de 12/15% de cire de ricin  la texture du baume sera plus molle mais un peu moins pénétrante, donc plutôt adaptée aux lèvres par exemple.



Formule générale du baume à l'ortie

20% Cire de ricin

80% Macérat huileux d'ortie fraîche sur olive bio

+/- antioxydant

Faire fondre les ingrédients au bain marie très chaud

La cire de ricin a un point de fusion à 86°.



            En fait je n'en ai d'abord fabriqué que 10 g (2 cire + 8 HV) afin d'observer la texture et l'évolution au fil des jours.

Ces 10 g remplissent juste un petit pot à baume de 10 ml ce qui est bien pratique quand je veux tester une formule avant d'en fabriquer beaucoup.


Une astuce pour prévoir approximativement le volume (ml) d'un cosmétique fabriqué en poids (grammes)

10 grammes de baume ou lotion aqueuse mesurent  10 ml

  10 grammes d'émulsion ou de gel  mesurent environ 12 ml

     9 grammes d'huile fluide mesurent environ 10 ml



DSC04544Marjolaineee toi si jolie...


        Séduite par la texture, j'ai ensuite fabriqué un baume ortie-marjolaine avec la merveilleuse huile essentielle de marjolaine à coquilles que je vous recommande .

Ce n'est pas Mlk qui me contredira ^_^


20% cire de ricin

79% macérat d'ortie/olive bio

0.5% vitamine E

0.5% HE marjolaine à coquilles bio Sevessence/géranium d'Afrique à parts égales.

 

 

        L'HE d'origanum majorana est tranquillisante tout en étant tonifiante.

Elle est intéressante pour les personnes fatiguées, lasses, embourbées dans des ruminations incessantes et à la limite de baisser les bras. La marjolaine à coquilles permettra de se reprendre en douceur sans abuser d'excitants.

Je trouve qu'il faut en faire un usage modéré afin de ne pas s'anesthésier émotionnellement (André Bitsas le confirme dans son livre "Aromathérapie, corps et âme, Ed. Amyris"), position bien confortable quelques fois mais bon...

Attention à l'utiliser diluée car elle est dermocaustique et à ne pas la confondre avec la marjolaine sylvestre.


           On dit souvent que l'HE a une odeur agreste, épicée, de foin ... mais cette distillation de Sevessence la distingue complètement de son cousin l'origan dont je trouve la note piquante à la limite de l'agressivité nasale.

Il y a dedans une note douce presque  sucrée et très aromatique qui justifie son nom commun anglais "sweet marjoram". Cela m'a donné envie de la coupler avec une note plus fleurie, le géranium.

J'utilise un géranium cadeau  qui m'a été rapporté d'Afrique du Sud.

Il est sans surprise, c'est un pelargonium graveolens de marque Jean Southey droit dans ses bottes ^_^


             Moi j'adore la marjolaine, l'ortie, l'huile d'olive bio de Sicile et la cire de ricin.

Au fait,  le géranium aussi!


Autour du chaudron

    Bonjour et merci pour tous ces posts si intéressants !
    J'ai deux questions, un peu hors-sujet par rapport au baume à l'ortie ...
    Quelles sont les marques d'huiles essentielles les meilleurs selon toi et les critères de choix, à part qu'elle soit bio ? (tu parles de Sevessence, je ne connais pas !). J'avais lu un sujet sur le forum des céphées où tu en parlais mais je ne l'ai pas retrouvé !
    J'ai fais des baumes (stress, bouffées de chaleur et après effort) le week-end dernier avec cire d'abeille, beurre de cacao, karité et huile de noisette. Deux baumes sur trois se retrouvent avec des petits "pâtés" à l'intérieur, pourtant j'ai cru les faire fondre entièrement ... Est-ce que cela vient d'un ingrédient en particulier ou vraiment de la fonte ?
    Merci beaucoup,

    Co

    Posté par Co le 21 mai 2012 à 09:07
  • Bonjour Co.

    Il s'agit peut-être d'une re-cristallisation des beurres de cacao et karité. Avez vous chauffé toutes les graisses ensemble?
    Je vois que votre formule contient de l'huile de noisette sensible à l'oxydation et que l'on ne chauffe généralement pas.

    Peut-être pouvez-vous mettre ici votre formule exacte? On en reparlera.


    Pour la qualité des HE, j'ai tendance à les acheter après les avoir senties et les avoir comparées.
    Il m'est difficile de vous donner un fournisseur unique car avec l'habitude, je choisis telle ou telle HE chez tel ou tel fournisseur.

    Mes critères de choix sont :

    . les indications habituelles et obligatoires sur la plante, le chémotype ... pour savoir exactement ce que l'on achète
    . le parfum (certaines HE sont de qualité irréprochable quant à la composition chimique mais n'ont pas le truc en plus au niveau olfactif qui fait que l'on préfèrera la lavande d'un tel à celle de tel autre).
    . le caractère bio me semble obligatoire pour les zestes d'agrumes.


    Si vous avez la possibilité de vous déplacer et que vous êtes en région parisienne, rien ne vaut de mettre le nez sur les flacons, de parler avec les vendeurs. On trouve tout à Paris
    A force de sentir, d'éduquer son nez, on pourra faire la différence.

    Vous comprenez certainement la différence entre le parfum d'une pomme achetée au marché à un producteur et celui d'une pomme choisie sur l'étal du supermarché.
    Le parfum d'une pomme de qualité est net, complexe et riche.
    Celui d'une pomme de supermarché est plat, sans relief, monotone, aqueux alors que le fruit peut être visuellement attractif voire parfait.
    Pour les HE c'est exactement pareil je pense.

    Sinon, n'hésitez pas à aller sur les salons bio où vous trouverez beaucoup de producteurs sur le même lieu.
    La comparaison sera alors plus facile et si j'ose dire implacable.

    Si tout cela n'est pas possible, choisissez Florame qui a beaucoup d'HE, en bio et de qualité incontestable. On les trouve partout en France dans les magasins bio.

    Je pense que l'on a généralement des HE fétiches, auxquelles on a souvent recours.

    Selon notre état de santé, nos goûts et habitudes, cela monte à .... peut-être 6/7 HE : une bonne lavande ou un petit grain bigaradier, un zeste d'agrume, géranium, gaulthérie ou un autre antalgique, tea tree, un eucalyptus, menthe poivrée ...

    Ce sont pour celles là qu'il me semble impensable d'acheter le premier flacon venu.
    A 2 ou 3 euros près, on peut avoir un saut qualitatif qui ne vaut pas l'économie qui est une fausse économie pour le coup.

    Quant à Sevessence, je baigne dans leurs HE depuis quelques semaines. Allez les sentir si vous le pouvez, vous ne devriez pas le regretter
    Un incontournable chez eux, non allez deux : tea tree incomparable et mandarine verte par exemple

    Posté par michele le 21 mai 2012 à 09:54
  • Michele, merci beaucoup pour cette très belle recette de baume.

    Très intéressantes tes remarques sur la cire de ricin dans un baume.

    Posté par Colchique le 21 mai 2012 à 10:57
  • Pas de contradictions Michèle, tout ce que j'aime dans ce baume
    Cette marjolaine m'envoute totalement tant et si bien que moi qui suit plutôt à "largesses" je me prend à la "sniffer" et pas à l'utiliser
    Michèle, ce que je reprocherais à la cire de ricin , c'est son point de fusion très élevé, mais il est vrai qu'elle apporte une vraie rondeur et densité aux baumes et autres cosmétiques...Du coup, je me demande si ce n'est pas aussi cette chauffe plus durable qui nous donne aussi des baumes, je dirais comme plus concentrés?
    Oh! oui, la marjolaine est belle et il me semble bien t'entendre chantonner
    Je n'ai pas vraiment le même ressenti pour la marjolaine...pour moi, c'est vraiment non pas le "découragement" mais plutôt le refuge, comme le giron maternel et c'est pour cette raison, qu'avant de tomber à nouveau sur la belle marjolaine de Sevessence, je n'en achetais plus.. quand je dis refuge, ce n'est pas par peur...Juste, oui, c'est le bon chemin et merci
    Cette déclinaison est belle Michèle, je l'aime beaucoup, beaucoup

    Posté par mlk le 21 mai 2012 à 11:31
  • Oh dis donc tu me donnes envie d'acquérir de la cire de ricin !! J'avais laissé tomber l'idée des déodorants en stick justement à cause de leur effet gras (même en mettant un maximum de cire et un minimum d'huile, même en ajoutant de la maïzena etc...) au profit des déodorants gel. Tu me donnes envie de tester une recette avec !! Ne me reste plus qu'à en acquérir ^^

    Posté par Sealeha le 21 mai 2012 à 15:06
  • Depuis deux jours, quand je me connecte, l'écran est si bizarre que je n'ai pas osé laisser de message. Je me lance, on verra comment il va s'afficher.

    Michele, comme je te remercie d'être si pédagogue à propos de la cosmeto maison.
    C'est vraiment important de montrer, comme tu le fais si bien, qu'à partir d'une formule simple, on peut faire tant de choses interessantes… surtout si on privilégie de bons ingrédients.

    je fais la plupart de mes macérats "thérapeutiques" si je puis dire sur olive, ce qui n'empèche pas d'avoir des baumes fins, si l'olive est bien mariée.
    Par exemple, -je crois que c'est toi qui m'avait donné ce tour de main, si on ajoute un soupçon (2% suffisent) de lecithine à la cire d'abeille la plus raide soit-elle, on a un résultat complètement magnifié. idem si on ajoute du substitut de lanoline.

    Pur la marjolaine, je suis un peu en peine: quand j'allais sur l'île d'Ikaria, en Grece, j'avais déniché un coin un peu à l'ombre bourré de marjolaine (une origanum majorana). Il fait trop sec là où je vais maintenant. Tu parles de note douce et sucrée, et c'est cette note qu'avait ma marjolaine grecque…

    Posté par venezia le 22 mai 2012 à 15:20
  • Alors, ça, c'est génial!
    Je découvre la cire de ricin, et tu m'as vraiment donné envie d'essayer de l'utiliser pour mes soins capillaires, histoire de les rendre plus agréables à l'utilisation...
    Merci beaucoup!

    Posté par Missrimel le 22 mai 2012 à 16:30
  • Mais oui pourquoi ça fait ça???
    Je reviens tout à l'heure, là je file bosser. Bises!

    Posté par michele le 22 mai 2012 à 19:53
  • Merci Michèle pour les précisions !
    Alors voici la formule de mon baume, je me suis inspirée des proportions que tu avais données ici sur un autre post : 12 % cires (abeille), 25 % beurres (cacao et karité) et 63 % huiles (noisette). J'ai rajouté l'huile à la fin, quand la cire et les beurres étaient fondus, pour ne pas faire trop chauffer l'huile. J'utilise cette huile pour sa finesse.
    Pour les HE, malheureusement en dehors de Paris, je ne sais pas si on peut sentir les huiles avant de les acheter ! Je n'ai encore jamais vu de flacons tests ! Il m'arrive d'aller à Paris mais c'est souvent la course ! J'achète souvent mes HE Florame ou de St Hilaire dans mon magasin bio et quand ils n'ont pas ce que je cherche je me tourne vers les pharmacies. Rarement AZ, j'ai lu que leur qualité n'était pas top.

    Merci !

    Co

    Posté par Co le 23 mai 2012 à 08:27
  • - Co,

    Si vous tenez à l'huile de noisette, il vaudrait mieux mettre un bon anti-oxydant (vit E ou anti ranz) dans votre formule et chauffer légèrement votre huile avec les corps gras durs fondus.
    Ou choisir une huile tout aussi fine mais qui peut chauffer (macadamia, jojoba...).

    En la rajoutant ainsi à température ambiante dans les cires et beurres, vous avez refroidi certains acides gras qui ont formé ces grains.

    J'ai visité la distillerie de St Hilaire en Auvergne et si je n'ai pas eu le coup de coeur c'est uniquement parce que la visite faisait usine à touristes.
    Leurs HE ont bonne réputation me semble t-il mais quid du parfum qui change la donne?

    Je réalise que je vous ai vouvoyée tout du long, désolée.


    - Missrimel,

    La cire de ricin est à découvrir en effet. Bravo pour ton joli blog sur lequel je n'étais plus venue.


    - Venezia,

    Il parait que je fais si compliqué que même avec deux ingrédients dans le baume, j'ai des doutes^_^

    Je suis contente que tu rappelles les astuces pour affiner les cires d'abeille de l'apiculteur.

    Je devrais refaire un message sur le style du "baume facile" où aucune de ces astuces n'apparait (ajouter la lécithine, un émulsifiant ou co-émulsifiant, mettre une huile estérifiée, ajouter une teinture réduite ou non...)

    J'appellerais ça "baumes améliorés" mais où acheter du temps?
    Si j'avais su, je t'aurais monté de l'HE de marjolaine de Sevessence dimanche. Tu me diras si elle supporte la comparaison avec le champ grec en live.


    - Sealeha, envoie moi un mail pour me rappeler ton adresse.
    Je t'en mets dans une enveloppe, ce n'est pas bien lourd.

    Tu me diras ce que tu en penses car j'ai toujours été surprise des recettes de déo sur baumes.


    - Mlk

    La cire de ricin est effectivement très dure. Il vaut mieux la coupler avec des huiles végétales stables.
    Tu devrais aimer cette formule où le géranium ne chahute pas trop la marjolaine et le toucher est très mat et pénétrant.

    J'ai vu la gourmandise dans tes yeux sur le stand quand tu as mis le flacon sous ton nez ^_^


    - Colchique

    Cette cire est à mettre à part des autres et c'est dans ce genre de formule minimaliste que l'on peut comparer.
    J'aime beaucoup.


    Merci à toutes!

    Posté par michele le 23 mai 2012 à 09:31
  • Merci pour ces précisions, Michèle !

    Posté par Co le 26 mai 2012 à 23:30
  • C'est un plaisir Co.

    Posté par michele le 27 mai 2012 à 16:05
  • huile essentiel

    Bonjour, est il possible de faire des baumes ou onguents avec des macérat huileux à la place de l'huile essentiel. Merci

    Posté par martine le 07 octobre 2018 à 13:43
  • Bonjour Martine,

    Les macérats huileux n'ont pas la même composition que les huiles essentielles qui sont issues des plantes distillées donc extrêmement concentrées.
    Vous n'aurez pas les mêmes propriétés, ni les mêmes usages.

    Dans la formule ci dessus vous pouvez bien sûr ne pas mettre d'huiles essentielles et remplacer le faible poids par du macérat huileux. Mais ce ne sera pas le même produit.

    Posté par michele le 07 octobre 2018 à 17:51

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