Macérat de bouillon blanc

Secrets de fabrication

Par atelierdemichele

      A force de les observer pousser chaque année au bord des routes, des champs ou des chemins de fer, exposés aux métaux lourds ou aux pesticides, j'avais renoncé à fabriquer un macérat avec ces fleurs jaunes veloutées aux propriétés multiples.

Jusqu'à ce jour de juillet où je suis arrivée dans la cour, près du moulin en reconstruction... Les quelques pieds de bouillon blanc en tout début de floraison m'attendaient.

 

     Le Bouillon blanc (Verbascum thapsus Scrofulariaceae) fait partie des plantes pectorales.

Ce sont de grandes plantes dressées vers le ciel qui portent au bout de la seconde année une belle hampe florale dont les fleurs jaunes veloutées maturent et s'ouvrent progressivement. La cueillette doit donc se faire chaque jour au fur et à mesure et le macérat huileux aussi.

On l'appelle encore Molène, Cierge de Notre Dame... et en anglais Mullein.

Certaines variétés portent plusieurs hampes florales, d'autres une seule et elles s'hybrident très facilement entre elles. C'est en ce moment même qu'il faut aller herboriser à la campagne et cueillir vos fleurs!

20210705_180946 

 

          Les fleurs jaunes et duveteuses sont riches en mucilages et en flavonoïdes.

Alors que toute la plante (feuilles, racines, fleurs) sert en phytothérapie, seules les fleurs sont intéressantes à faire macérer dans de l'huile.

On y extrait les flavonoïdes c'est sûr car l'huile devient bien jaune au fur et à mesure mais les mucilages utiles pour la sphère pulmonaire (toux, otites, bronchites...) sont idéalement extraits sur de l'alcool dilué (teinture) ou en tisanes.

L'huile macérée peut être massée autour des oreilles en cas d'otite.
On utilise cette plante broyée en cataplasmes directement sur la poitrine ou sur les peaux irritées, enflammées.

On lui prête aussi des propriétés intéressantes ( Althea Provence) pour les hémorroides, les troubles articulaires, la sphère urinaire...

20210705_181205

 

       Le macérat huileux de fleurs de Bouillon blanc

Pour faire le mien, j'ai choisi l'huile végétale trouvée dans la cuisine de la maison proche du moulin, à savoir de l'huile d'arachide raffinée non ouverte pour m'assurer de sa fraîcheur. Heureusement on y faisait aussi des confitures et j'ai pu choisir un petit bocal en verre de récupération, stérilisé à l'eau bouillante, largement alcoolisé puis séché avant d'y mettre les fleurs et l'huile.

C'est une huile très stable à la chaleur et comme elle est assez claire, j'ai pu observer la coloration rapide de l'huile au fur et à mesure du temps de macération.

J'ai donc piqué les fleurs épanouies chaque jour après dissipation de la rosée matinale et je les ai mises directement dans l'huile à raison d'une petite dizaine de fleurs par jour pendant juste 3 jours.
C'est donc un petit volume de macérat que j'ai obtenu au bout de 15 jours de macération et filtration.

Les fleurs brunissent et s'oxydent au fur et à mesure du temps et la filtration doit être soigneuse pour éliminer toute trace d'humidité.
Il est bien sûr possible si vous en avez la possibilité de laisser sécher les fleurs quelques heures avant de les huiler.

Macérat de bouillon blanc sur le blog de Bluetansy - "Huiles infusées"

 

      

20210719_085245 20210719_085707
20210719_085717
 20210719_111838

 

         Précaution importante pour les macérats de fleurs fraîches

On extrait en même temps quelques substances non solubles dans l'huile qui même après de multiples filtrations précipitent dans le fond du bécher.

Sur la photo ci-dessous on peut voir une tâche sombre dans le fond du verre qui correspond certainement aux mucilages de la fleur. Ils peuvent déstabiliser le macérat et le faire moisir si l'on ne les retire pas.

Je laisse donc le macérat huileux décanter plusieurs heures avant de prélever l'huile à la pipette, d'y rajouter une capsule de vitamine E comme anti-oxydant et le conditionner en flacon.

20210719_104121 20210719_104359
20210719_111855

   

  Les flavonoïdes sont de bons anti-inflammatoires, cicatrisants et adoucissants des peaux abîmées ou irritées.On leur prête aussi des propriétés anti-infectieuses (Source)

J'achetais auparavant mon macérat huileux chez Aromantic.co.uk sous le nom de Mullein flower oil. Il est réalisé à chaud (35°) avec des fleurs sèches macérées dans de l'huile de tournesol oléique avec un anti-oxydant.

Je l'utilisais soit dans des crèmes corporelles pour peaux sèches soit dans des baumes ORL pour l'hiver.

Que diriez-vous cette fois d'en faire un cérat au bouillon blanc?

 

 


Autour du chaudron

  • C’est rigolo un bouillon blanc aux fleurs si jaunes! La couleur est magnifique. Je ne pense pas a utiliser l’huile d’arachide raffinée pour les macérâts, or je trouve que c’est une très bonne idée, surtout si on veut éviter la puissance olfactive de celle d’olive. L’arachide contient beaucoup d’acides gras mono insaturés
    J’ai le souvenir d’avoir utilisé la plante en mélange et en infusion( en filtrant très bien à cause de mini poils sur les feuilles) contre une toux récalcitrante.
    Le truc de l’huile derrière l’oreille me plait beaucoup.

    Posté par Venezia le 21 juillet 2021 à 13:47
  • Ce macerat a une couleur superbe ! Et comme Venezia je ne pense pas à l huile d arachide !!!
    Dans un cerat ça doit être parfait et pratique ! Ou une huile pour le corps , dont je me tartine et que je trouve si pratique d utilisation et à faire ! Il me semble que l été la peau est plus sèche encore !!!
    Bel été !

    Posté par Sylvie le 23 juillet 2021 à 06:39
  • Ah le bouillon blanc ! Ces belles hampes jaunes qui se dressent vers le ciel... Il y en a bcp par ici . J aurais jamais pensé au macérât... j ai fait hier mon macérât de millepertuis et il est déjà bien rose. Fait chaud par ici.Michèle je vois que même en vacances tu ne peux te passer de tambouiller 🤪. Bonnes vacances à toutes !🌞

    Posté par Chafou le 23 juillet 2021 à 12:13

Commenter l'article