Crème pour mains douloureuses de la jardinière

Aroma beauté, bien-etre et santé

Par CatherineNC


On continue avec
la cire émulsifiante

Olive Protection ou Olivem 900

 

Michèle vient de nous parler de cette cire émulsifiante et de nous donner une jolie recette avec sa "Crème de massage Protection".


Dans la maison d'à côté vit une jardinière dont les articulations des mains sont très douloureuses. Je lui avais fait, il y quelques temps, un baume pour tenter de la soulager, elle l'avait trouvé efficace.

J'avais reçu en cadeau de la cire Olive Protection, soit de l'Olivem 900, une cire qui admet un fort pourcentage de phase huileuse, d'après ce qu'en dit le fournisseur.

Pour ma gentille jardinière, j'ai de suite pensé à fabriquer, avec cet émulsifiant, une crème adaptée à ses douleurs qu'elle pourrait utiliser plusieurs fois pas jour, en complément du baume.

Je vous indique la recette de cette crème car j'ai assez de recul pour dire qu'elle est efficace pour ma jardinière (enfin j'espère qu'elle est sincère et qu'elle ne m'a pas dit cela juste pour me faire plaisir....)

flower_white_whitebg

Phase huileuse : 65 %

  •   5 % beurre de karité
  • 15 % huile de tamanu
  • 15 % macération de : arnica, consoude, camomille romaine, lavande dans huile de soja et d'olive
  • 10 % huile d' inca inchi
  • 10 % macération de bois de palo santo (du Pérou !) et vanille dans huile de coco fractionné
  •   2 % cire de mimosa
  •   8 % cire Olive Protection

Phase aqueuse : 30 %

  • 14 % décoction de griffe du chat
  •   6 % silicium organique
  • 10 % alcoolatures réduites = arnica, griffe du chat, harpagophytum

3ème phase :  5 %

  •    2 % bisabolol
  • 0,2 % co2 camomille matricaire
  • 0,2 % co2 argousier
  • 0,6 % conservateur EcoGard

2 % d'huiles essentielles (soit 60 gouttes environ pour 100 gr de produit) :

eucalyptus citronné
lavandin
petit grain combawa
menthe poivrée
gaulthérie
katafray
kunzea
copaîba

an_flr_bleu


Je n'ai pas retrouvé les proportions d'huiles essentielles utilisées... (il y a vraiment trop de fouillis sur mon bureau)

Soit au total 102 % avec 2 % d'arrow root que je n'avais pas prévu au départ et que j'ai ajouté après coup, à l'aide d'une passoire fine ; je l'ajoute souvent au produit final, sans problème, lorsque je trouve le produit un peu trop gras.

Je n'ai pas de photo à vous offrir car j'ai donné la totalité du produit et je ne pensais pas publier cette recette, mais puisqu'elle semble efficace, pourquoi ne pas partager....

Le produit obtenu était de couleur brique, couleur donnée par la décoction de griffe de chat, des alcoolatures et le CO2 d'argousier.

J'ai chauffé la phase huileuse à 70°, la phase aqueuse à 70 ° et ai versé, lentement, le phase aqueuse dans la phase huileuse en mixant dans le bain marie encore chaud, puis ai continué à mélanger longuement, hors du feu, à l'aide d'une cuillère magique.

Michèle explique très bien le procédé de fabrication dans son article.

J'ai fabriqué, hier, la recette donnée par Michèle, la texture est plus agréable que celle de ma crème pour jardinière mais ma recette, très thérapeutique,  contenait de l'alcool, ce qui change considérablement la texture.

L'Olivem 900 est donc une cire très intéressante pour ce type de produit.

J'espère que ma gentille jardinière pourra encore longtemps embellir nos jardins...

 

bariole_11


Crème de massage Protection

Soins des mains et des ongles

Par atelierdemichele

       
           Pour masser les zones sèches du corps ou pour profiter d'une texture glissante véhiculant quelques actifs ciblés (anti-rugosités, anti-inflammatoires...), voici la formule générale d'une crème de massage que j'ai baptisée Protection.

Elle est formulée avec de la cire Olive Protection ou Olivem 900.
On ne devrait plus écrire Olivem sans préciser le numéro qui le suit puisque nous avons maintenant à notre disposition en France presque toute la famille:

- olivem 1000 ou
cétéaryl olivate, sorbitan olivate
- olivem 900 ou cire olive protection ou sorbitan olivate:

- olivem 800 ou cétéareth-6 olivate 


            L'olivem 900 est un émulsifiant eau dans huile (E/H) contrairement à l'olivem 1000 qui est un émulsifiant huile dans eau (H/E).
Schématiquement, on pourrait dire que l'on peut incorporer de grandes quantités de phase huileuse (jusqu'à 70%) dans les émulsions pour obtenir un effet très protecteur pour les zones sèches.

            Les émulsions E/H sont difficiles à réaliser et à stabiliser dans le temps.
Elles réagissent à des règles particulières de formulation et plaisent moyennement au consommateur qui les trouve grasses, lourdes et difficiles à pénétrer.

L'un des exemples type est le cérat que nous savons maintenant faire sans borax. Malgré tout, ce n'est pas le meilleur exemple puisqu'il ne contient pas de réel émulsifiant.

Or ces émulsions sont les plus protectrices qui soient car elles sont vraiment anti-déshydratantes pour  les peaux tout en les nourrissant en profondeur.

Leur stabilisation est difficile si l'on utilise des émulsifiants E/H sans PEG et naturels comme l'olivem 900 ou le  P3R comme ici.

Voici des exemples d'émulsions E/H réalisées avec de l'emulsifan CB : ici et ici

DSC03423


          C'est un soin adapté aux peaux ou zones sèches et très sèches, pour des soins d'appoint sur des zones irritées, desquamées ou tout simplement comme moi pour masser les pieds, les mains ou les coudes.

La gageure est de pouvoir fabriquer des émulsions:

- au toucher léger
- pénétrant immédiatement
- sans laisser de film gras

tout en offrant un pouvoir protecteur inégalé.

           S'il me semble relativement aisé de fabriquer des crèmes épaisses du type cold-cream avec cet émulsifiant, j'ai tout tenté pour obtenir une crème "pompable" avec 50% de corps gras.


   Formule de la crème de massage Protection

Phase A


- 10g Huile de coco fractionné
- 10g Squalane d'olive
- 6.5g Olivem 900 ou cire olive protection (Aromazone)
- 2g Oliwax (Bilby)

Phase B

- 32.5g Hydrolat de néroli bio
- 5g Glycérine végétale bio
- 2g Sulfate de magnésium

Phase C

- 10g Huile de jojoba bio (Bilby)
- 10g Huile de tournesol désodorisé (Bilby)
- 5g Huile de macadamia désodorisée (Lesutilesdezinette)
- 5g Huile d'inca inchi du Pérou (Malegria)

Phase D

- 1g Parfum (30 gttes)
- 0.5g Géogard 221
- 0.5g Vitamine  E (tocopheryl acétate)

Acide lactique pour ajuster le pH le cas échéant.

Le parfum

Mélange d'huiles essentielles composé comme suit (en gttes):

40 Lavande fine d'altitude bio
25 Bergamote sans bergaptène
20 Santal austrocaledonicum (Ile des Pins Catherine
)
5 Encens sauvage (Florame)
3 Ciste ladanière bio (Vitalba)  la meilleure qui soit...
3 Ylang ylang complète



Mode opératoire


- Dans un bécher désinfecté faire dissoudre le sulfate de Mg dans l'hydrolat  tiédi  puis ajouter la glycérine (phase B)

- Faire fondre la phase A dans un second bécher désinfecté

- Porter les deux phases à 75/80° dans un bain-marie

- Verser la phase B dans la phase A  très, très, très doucement en mélangeant continuellement au mixer.

Je le fais en filet et en 3 fois malgré le faible volume en mixant continuellement. C'est un gage de réussite que de ne pas aller trop vite.
Il se peut qu'il y ait un relargage d'huile au long cours si c'est trop rapide.

- Garder le bécher dans le bain marie chaud mais éteint pendant tout ce temps.

- Ajouter ensuite lentement les huiles de la phase C les unes après les autres en mixant bien entre chaque ajout.

- Faire refroidir en mélangeant continuellement, ajuster l'eau perdue et ajouter la phase D en continuant à mélanger à la spatule souple.

Mettre en tubes ou flacons pompes. La texture épaissit et évolue positivement dans le temps.

DSC03422

Le sulfate de magnésium

Il sert à stabiliser les émulsions eau dans huile (et uniquement celles là)

Je le trouve autrement plus efficace que les stabilisants habituels dérivés de corps gras (alcool cétylique, acide stéarique, cétyl esters...) qui alourdiraient la texture donnant plus un cold cream qu'une émulsion fine.

Mais qu'est-ce que le sulfate de Mg?
Il s'agit des sels d'epsom comme on les nomme outre atlantique ou outre-Manche. On en trouve chez Zinette sous ce nom.

En France, c'est tout simplement du sulfate de magnésium laxatif (je trouve que beaucoup de médicaments à visée laxative servent en cosméto  ^_^)  vendu à la pharmacie en sachets de 20g je crois, pour une bouchée de pain aussi.



Le choix des huiles est primordial

Certaines marchent mieux que d'autres telles l'huile de coco fractionné ou le squalane en grande quantité pour démarrer l'émulsification.

Les huiles de tournesol et de macadamia me semblent essentielles et incontournables même pour rattraper une émulsion E/H qui semble en cours de déphasage.

L'huile de jojoba apporte le cireux indispensable à une crème destinée au massage de zones sèches.

L'introduction des huiles en deux fois me semble tout aussi important pour réussir cette émulsion.

 

La lenteur et le long malaxage

Il est judicieux de comprendre que le fractionnement des opérations à la fabrication est également un gage de réussite.

Introduire l'eau dans les huiles très progressivement, malaxer très longuement l'émulsion une fois réalisée et prendre le temps de faire les derniers ajouts en mélangeant longtemps entre deux.

C'est l'une des émulsions pour laquelle je n'accélère pas le refroidissement dans un bol d'eau froide (et non glacée) pour bien malaxer.
Je termine avec une spatule silicone souple et je malaxe encore avant de couler en flacons.

noix_de_macadamia

Source de l'image

 

Ode à l'huile de macadamia désodorisée


C'est une huile que j'adore car elle a un profil d'acides gras quasi-idéal incluant des acides gras saturés (acides palmitiques et stéariques), des omegas 7 et 9 et très peu d'omégas 6.

Dans mon choix d'huiles, cette carence en omégas 6 est compensée par les huiles de tournesol et inca inchi.
Et celle en omégas 3 par l'huile d'inca inchi.

Depuis que j'en ai trouvé en version cosmétique désodorisée, je n'hésite plus à inclure de l'huile de macadamia dans toutes mes productions.

S'il n'y avait qu'une huile à posséder pour une peau mature ou sèche, ce serait celle là aidée par une autre huile riche en omégas 6 et 3 (ou alors quelques extraits CO2 bien choisis qui en apportent).


Sublimes images et recettes culinaires

Le vieillissement des émulsions E/H


Ces émulsions E/H se bonifient comme le bon vin.

Les constituants se fondent et évoluent dans les jours voire les mois qui suivent la fabrication pour donner des merveilles de crèmes protectrices.


              Celle ci est pompable et glissante pour un massage affiné.
Elle vieillit remarquablement bien (mon essai date du mois d'avril 2010 soit 4 mois) et elle sent très discrètement.

Le plus remarquable est la pénétration très rapide malgré 50% d'huiles dans la formule !
 

Lait "Scapade" de fin d'été

Soins du corps

Par mlkline

 

HPIM6379

 

C’est l’été, un bout d’aventures entre ciel , mistral et chaleur

Dans les valises, on a tant bien que mal réussi à caser toutes les petites merveilles fabriquées amoureusement tout spécialement pour ce moment de tranquillité, rien que pour soi

 

On se voit déjà, jouissant d’un bon bain aux sels délassants et enivrants

On s’imagine vahiné enduite de cette délicieuse huile tonka, vanille, ylang et même cardamome

 

Las, pas une minute pour soi, pas envie de perdre du temps, du bon temps

Chahutée que je suis par ma tribu très élargie de jeunes débridés et magnifiques

 

Et que je barbote, et que je cours dans l’herbe haute à ronces

Et que je pédale » eau «  en plein soleil

Et que je randonne à m’en casser les jambes

Et que je m’adonne au camping impromptu et fou et sauvage forcément !

Et que je goûte à tous ces bons petits crus en bonne compagnie

Et que je joue ma Fadette, ma Manon des Sources, libre, rebelle

Le cheveu en bataille, la peau nue de tous fards, ivre des dons de mère nature

 

Et que, au final,  j’ai juste , nous n’avons que quelques minutes à consacrer à l’hydratation et réparation de nos corps bien malmenés

 

Alors, j’ai dégainé mes deux flacons de 100ml de ce lait « scapade » 

Rebaptisé moult fois car déjà décliné pour lui, elle, et enfin ma tribu de 12

 

Formule qui me vaut une renommée et une admiration sans bornes de la part des jeunes ci-dessus cités, si souvent goguenards

C’est léger, facile à étaler, hydratant, régénérant, frais et délicieusement parfumé

 

45 eau de source

29 ha (rose, cassis, menthe poivrée)

5 aloe vera AZ

3 glycériné au pied levé de menthe bergamote maison

1 protéines de blé AZ

0.8 aloex40 Bilby

0.2 Xanthane modifiée

4,1 huile à la grenade Weleda

2,5 amandons de prunes

2,5 Coco silicone

2 Hydranol

1,1 savon pour émulsion from. PP et copitage from elle et elle ma Diva

1 argan cosmétique

1 émulsifiant végétal Bilby

1 acide stéarique
 

0,8 he (lavande d’altitude Bio Mada, et Menthe bergamote)

0,6 Conservateur

 

C'est léger, léger et comble du bonheur ils aiment et pour la photo, quelques grains de lavande dans le lait

pas grave hein! Dieu, comme j'aime cette odeur et la beauté de ma tribu. 

Pierres qui roulent

Savonnerie

Par mlkline

HPIM6338

 

 

 

HPIM6339

 

 








Seuls l’enfant en cavale buissonnière

Le poète rêveur à l’âme solitaire

Le gitan magnifique aux poches trouées

Savent te regarder et dénicher dans tes aspérités

Les trésors enfouis

Les chants des rivières et de la terre

Tu t’es posée, ici pour raconter en harmonie

Et comme en écho jumeau chez elle aussi

 

Et pour moi la savonnière, Pierre qui roule,

Bien évidemment tu amasses mousse

 

 Même formule que pour le Samouraï (car j’ai du KariMichèle à triturer)

Soude pour un surgras de 7

Valeur moyenne d’eau

J’ai simplement mis de l’argile blanche à reposer dans de l’eau de source enrichie en tiges de prêle au fort pouvoir reminéralisant et qui renforce t l’action de l’argile blanche (je l’ai lu, mais ne retrouve plus le lien)

 

J’ai encore une fois selon la même méthode, joué avec le ratanjot et la poudre de garance

Toutes deux diluées avec 20 gr d’huiles de son de riz et colza bio et ricin et réparties en 2 pots, l’un coloré bleu, l’autre abricot+ mon pot de base beige grâce à l’empâtage blanc de AZ

 Bien entendu, la trace est venue très vite

Alors, avec ce que je n’ai pu couler dans mes moules

J’ai réalisé le lendemain ces pierres, de mes mains gantées et en y apposant l’empreinte de mes pouces et des coquillages fossiles


J’y ai ajouté le cadeau de PPP, à savoir un élixir de minéral dynamisé « aimant naturel » le n˚5, simple hommage à ces dames si créatives et une synergie d’he dont (je ne retrouve la composition, mais qui sent bon)

 

Je vais moi aussi Pierre qui roule , te mettre dans ma poche, à mon oreille et écouter tes siècles d’histoire traversées.

Savon d'Alep revu et corrigé

Savonnerie

Par CatherineNC

Il restait dans mon placard, depuis un moment, du savon d'Alep râpé. Je l'avais utilisé, au départ, dans un produit liquide pour la douche ; j'aime beaucoup l'odeur de ce savon mais je trouve qu'il est un peu raide lorsqu'il est utilisé pur. 

J'ai pensé à l'incorporer dans un nouveau batch de savon et je ne suis pas mécontente du résultat.

On pourrait, de cette façon, utiliser tout reste de savon, râpé ; c'est différent de la technique dite de refonte qui donne des savons dont je n'aime pas toujours la texture ; vous l'aurez compris, je préfère les savons bien lisses. 

  

SAVON_DE_LA_RUCHE

 

SAVON_ALEP_006

 

(Vous l'aurez compris, je ne suis pas une bonne photographe...)

 

J'ai ajouté ma poudre d'Alep aux huiles chaudes, espérant qu'elle allait fondre... malgré plusieurs phases de chauffe des huiles et de nombreux coups de mixer, l'alep n'a pas complétement fondu. Je pensais qu'il subsisterait des petits morceaux dans le produit final mais j'ai été surprise, le savon est bien homogène et parfaitement lisse, comme je les aime.

La fonte du savon râpé serait certainement très aisé avec un savon autre que l'Alep.

 

J'ai composé la recette sur la base de 400 gr, sans compter l'Alep râpé dont je disposais (puisqu'il est déjà saponifié

  • 280 gr de macération de feuilles de laurier dans huile d'olive
  • 120 gr d'huile de coco
  • 133 gr de savon d' Alep de bonne qualité, râpé, ajouté aux huiles chaudes
  • Eau : le minimum de la fourchette donnée par THE SAGE
  • Soude : pour un surgraissage à 1 %

A la trace :

  • 20 gr d'huile de Monoï, soit surgraissage 5 %, soit 6 % en tout
  • 2 cuillère à soupe de poudre de buttermilk délayé dans 30 gr eau
  • 4 gélules vitamine E
  • 1/2 cuillère à café de teinture de benjoin
  • 1/2 cuillère à café d'oléorésine de vanille

 

J'ai obtenu un savon très doux que j'utilise avec bonheur pour laver mes cheveux fins (suivi d'un rinçage à l'eau additionnée d'un vinaigre de lavande et de romarin). J'utilise également ce savon une à deux fois par semaine pour me laver le visage sans aucune sensation de tiraillement.

Je retiens cette technique pour utiliser des restes de savon dont on ne sait que faire, colorés ou pas, qui pourraient même être utilisés pour "moucheter" un nouveau savon plus clair si on ne le fait pas fondre.

Les savons ont été coulés dans des moules de récup qui font très bien l'affaire, un pot de crème dessert et une boîte de pâté.

Tous les restes de savon peuvent être utilisés ; rien ne se perd  ! 


Ma crème doudou pour les pieds très secs

Trucs et astuces

Par Mmoune

J'ai bien dû en faire des kilos depuis mes premiers 100 grs. Je la fabrique d'ailleurs par 500 grs.

Mais, il faut essayer de faciliter la lecture, n'est-ce pas ? Alors, je vous donnerai la recette pour 100 grs (100%). Et j'essaierai de bien tout ranger bien dans l'ordre.

 

Certaines la connaissent depuis longtemps, s'en servent pour les mains, même pour le visage (attention au citron). Après tout, pourquoi pas, si elles s'en trouvent bien, mais enfin, elle n'est pas formulée pour le visage.

Je change régulièrement l'une ou l'autre huile, pour l'améliorer (?!) ou en changer la texture ... Et j'ai le même plaisir à l'appliquer. Et donc, je veux la partager avec vous. D'ailleurs, si je traîne encore, je vais me faire taper sur les doigts par la maîtresse.

La formule est si simple, vous connaissez toutes les propriétés des huiles utilisées ; je ne sais pas faire de lien qui vous dirige vers leurs propriétés. Vous m'imaginez tout recopier de partout ?

J'aimerais bien devenir plus débrouillarde avec les fonctions de l'écran, parce que j'en ai plusieurs petites (de formules hein !) que j'aimerais bien partager aussi, mais bon ...

 

DSC03424

 

La recette :
en grs ou en %

 

Phase huileuse :

9 huile d'olive
6 huile de chanvre (à froid)
6,7 cire émulsifiante (type polawax)
5 beurre de karité
4 huile de coco
3 macérât de calendula sur coco fractionné
2 cire d'abeille
1,7 alcool cétylique
0,3 aoc-cos (ou autre anti-oxydant)

 

Phase aqueuse :

52,4 eau
3 glycérine

 

Troisième phase :

3 urée
1 goutte de teinture de benjoin
0,9 conservateur K300
117 gouttes d'huile essentielles

 

Mélange d'huile essentielles :

40 citron
25 lavande vraie
18 patchouli
15 niaouli
9 encens Somalie

 

DSC03426

 

Mes astuces :

Je vous ai dit que j'en préparais en grande quantité à la fois. 

D'abord, parce qu'elle a du succés. Et ensuite, parce qu'en multipliant la formule par deux, par trois... Je peux facilement ajouter d'autres huiles ou graisses.

Comme : de l'huile de ricin, de jojoba, d'avocat, de la graisse de canard, un macérat aux plantes cicatrisantes, un peu de rose musquée (mes pieds le valent bien), de l'huile d'argan....

Vous me direz, on peut très bien mettre un gramme de chaque huile ...

Oui, mais, vous me voyez gaspiller un quinzaine de pipettes pour une seule crème ?

Comment faites-vous pour prélever vos huiles par petites quantités, vous ?

 

Ma phase aqueuse :

Non, non, je ne mesure pas 52,4 gr d'eau ! J'arrondis à 60 pour les premiers 100 grammes. J'estime que le surplus correspond plus ou moins à la quantité qui va s'évaporer.

Je suis beaucoup plus ... précise dans mes pesées pour une crème fine, un sérum précieux. Mais le pourcentage de gras de celle-ci reste toujours suffisant pour un massage réconfortant.

 

DSC03425

 

Encore merci au ""superviseur Catherine".

La prochaine fois, ce sera Chabou qui s'y collera. Que ferais-je sans vous, mes amies ...

"Illupai-patate" : savon à la pomme de terre

Savonnerie

Par atelierdemichele

              Un petit tour dans le quartier tamoul de Paris pour déguster un bon masala dosa et débusquer de nouveaux ingrédients pour la cosmétique.

Véhiculées par la parigote d'Irène que les rues éventrées par les travaux malmènent, nous déambulions le ventre plein et la bouche en feu à travers les rayons de la supérette indienne.


DSC03398



           Arrêtées devant un flacon d'huile mystérieuse:

- Qu'est ce que ça peut être comme huile? Tu connais?
- Le nom ressemble à illipé
- Attends, je vais sentir. On dirait du neem non?
- Non le neem sent bien plus fort que ça
- Tu crois qu'on peut en prendre?
- On va demander à quoi ça sert?

- mkghtz ...massage..jqsdhzeru
- ????  ????   ????

Le démon de l'expérimentation aidant, nous sommes  toutes trois  reparties avec une bouteille chacune.


            On trouve de plus en plus de beurres indiens à la vente. Beaucoup d'entre eux se ressemblent mais ils portent des noms différents.

;Un petit tour sur internet m'apprend que l'illupai oil est :

- soit du beurre d'illipé (Bassia ou Madhuca latifolia ou longifolia),

- soit du beurre de mowrah (Shorea stenoptera).


            Il semblerait que ce soient les mêmes beurres vendus sous leurs noms vernaculaires, différents selon la région. Le beurre de Sal étant également du genre Shorea (robusta).

Férue de botanique, je ne peux que m'intéresser à des beurres issus de Sapotacées (comme le karité encore appelé Bassia parkii et l'arganier pour ne citer qu'eux).

DSC03414


          Je choisis de me fier à la source qui me semble la plus fiable, celle de la F.A.O. organisme des Nations Unies qui s'occupe d'agriculture à travers le monde.
On retrouve cette indication.

           L'huile d'illupai serait une huile que l'on raffine à l'alcool et qui peut être hydrogénée pour donner une texture proche du beurre de cacao.

Notre huile est  vert clair et à peine figée malgré la chaleur torride qui règne sur Paris en ce mois de juillet. Cela me fait penser que c'est l'huile brute très différente du beurre d'illipé cosmétique plus compact et surtout d'une blancheur immaculée.

Sa composition en acides gras me conforte dans cette idée. Il s'agit d'une huile riche en acide oléique comme l'huile d'olive:

MAJOR FATTY ACIDS OF OIL

                                                                                           
Palmitic acid 23.7%
Stearic acid 19.3%
Oleic acid 43.3%
Linoleic acid 13.7%


            Le nom français de ce beurre (..illipe) est la terminaison du prénom d'un de mes vieux amis qui aime tant la vie qui est en train de le quitter.

Le combat contre le crabe est difficile même pour une force de la nature.
Il aime tout ce qui va avec la vie, faire la fête, faire la cuisine à l'huile, rassasier ses amis...

Je formule avec de l'illupai oil et un légume, la  pomme de terre très symbolique pour nous.


Savons à la pomme de terre


- Fabrique lui un savon, ça lui plaira

- Je ne sais pas s'il peut encore se laver

- Ce n'est pas grave, ça lui plaira, il aime tes savons.

 

          Des formes simples, une non-couleur, plein d'huiles (mets de l'huileeuu), du jus de pomme de terre bio, pas de parfum, une formule douce et simple comme la vie peut l'être quelques fois avec les amis.

Un savon juste essentiel.

DSC03399


        Formule du savon "Illupai-patate"

- 300g d'huile d'olive bio (Il ne cuisine qu'à l'huile d'olive, même la mayo, beurk!)
- 274g d'huile de coco bio (Il a vécu dans le Pacifique)
- 150g d'Illipe (La fin de son prénom)
- 100g de beurre de karité du Bénin (J'ai la faiblesse de croire qu'il m'aime beaucoup aussi)
-  76g de gras de boeuf frais (Merci Moune, il aime tant la bonne viande)
-  50g de beurre de cacao du chocolatier (Un bon noir, c'est bon quand même!)
-  50g d'huile de palme bio (Et le vin de palme, tu connais?)

Jus de pomme de terre bio et soude pour un surgras de 10%
Lactate de sodium
Soie tussah

DSC03405


            Le jus de pomme de terre riche en amidon (donc en sucres) fait rougir la soude comme le fait le miel (voir ici). La couleur ne persiste pas dans le savon final.

La texture est dense et poudrée, la couleur est beige et il devrait durcir rapidement grâce au lactate ajouté.
Le surgraissage volontairement élevé à 10% devrait permettre une utilisation dès que possible.


           Dites moi, dites moi  que c'est un savon doux, et onctueux et  qu'il devrait lui faire du bien. Juste un peu  de bien.


DSC03415

            

Lait Douceur VELVET

Soins du corps

Par cshabou


IMG_0057bis

Voilà le petit lait qui accompagne mon été, tout de douceur et légèreté !
La couleur lègèrement verte,
(malgré ce qu'en montre la photo) est due à l'huile de chanvre.

La formule est largement inspirée de celle qu’a donné Michèle sur le forum des C., avec l’Eluxe Pro comme émulsifiant. Merci, Michèle !

Je l’avais fait il y a quelque temps et tout me plaisait sauf l’odeur. Ces jours-ci, j’ai récidivé avec l’envie d’un autre parfum, celui d’un macérât de géraniums odorants qui s’alanguissent sur mon balcon !

Tous les ans, dans notre belle ville de B., une bourse d’échange de plantes me permet d’acquérir une nouvelle variété, et je vais y aller pendant encore quelques années car il en existe beaucoup, beaucoup.
Ce sont les feuilles qui dégagent le parfum, et il suffit de frôler dans le soir les douces feuilles d’un massif de pélargonium menthe (plusieurs variétés) pour en respirer toute la fraîcheur.

J’avais donc un macérât des trois espèces en ma possession, le P. crispum (citron) qui fait de jolies petites fleurs roses, le P.Lemon Fancy, à odeur de citronnelle, installé devant la fenêtre pour empêcher les moustiques de rentrer ; le petit dernier, acheté cette année, vendu pour son odeur de vanille qui sent très bon mais pas la vanille !

Je n’ai pas trouvé la variété, si vous savez ….

Beaucoup de ces pélargoniums sont comestibles et, si vous ne craignez pas leur présence musclée, vous pouvez en agrémenter salades et petits plats.

A l'Île de la Réunion et à Madagascar, ses feuilles fraiches sont utilisées sous forme de cataplasme pour les blessures infectées, les dermatoses et les piqûres d'insectes. En tisane, elles sont employés dans le cas d'angines, d'infections de la bouche ou de la gorge (Gargarismes).

 

g_raniums  Ici


L’Eluxe Pro n’est pas un émulsifiant entièrement naturel. Michèle en parle

Je l’ai adopté car il donne des textures très belles - du lait à la crème - brillantes et qui laissent une peau super veloutée, ce que nous voulons toutes, n’est-ce pas ?

 

La formule :   

Phase huileuse

10% coco fractionné (macérât de géraniums)
5% Hv Avocat
2,5% Eluxe Pro
2%   Rice Ns
*--------------------------------19,5%

Phase Aqueuse

0,2% Xanthane
5% Glycérine 
1,5% Allantoïne
51,3% Eau Mont Roucous
*--------------------------------58%

Phase III

5% HA Rose
10% Hv Chanvre
1% Fucogel
5% d-Panthénol
1% Hv Figuier de Barbarie( on peut omettre ou remplacer)
0,5% Cosgard
*------------------------------22,5%

Pour l'odeur, vous pourriez ajouter quelques gouttes d'huile essentielle de géranium bourbon, de basilic, de citronnelle, d'épinette noire.

L’huile essentielle de Géranium (Pélargonium Graveolens) est une aide précieuse dans de nombreux domaines : antibactérienne, antifongique et anti-inflammatoire, elle est aussi hémostatique et peut donc entrer dans les formules de soin « bobos », divers et variés.

C’est une huile polyvalente, en interne comme en externe, et elle rééquilibre toutes les peaux dans les soins de beauté.
Son parfum très agréable peut être dominant à forte dose dans un mélange.

 

div36


Ce petit lait "veloute" la peau, pénètre vite et totalement sans trace de gras, hydrate "for a long time".

...Pour les citadines qui trottent, les teen-agers qui discotent, les mamans qui courent, les dactylos qui pianotent, les mémés qui tricotent, la copine qui coud, celle qui aromate et celle qui attend la retraite…
…  nous toutes.

velvet

Baume fluide en tube ou flacon pompe

Soins des mains et des ongles

Par atelierdemichele

               Pour les pieds de mon voisin qui souffrent de kératose, j'ai fabriqué un baume fluide en tubes et en flacons pompes plus pratiques à mettre dans le baluchon à emporter lors d'un séjour en voilier.

J'ai déjà testé ce baume dont j'apprécie le contact baume, la rinçabilité due aux sucro-esters (sucrose laurate et stéarate) et surtout le conditionnement en tube drôlement pratique: l'alliance idéale.

             Et tout ça pour une bouchée de pain mais la formule contient  du triheptanoin en premier ingrédient sur la liste INCI et je n'en possède pas.
C'est une huile d'origine naturelle, très aidée par la chimie tout de même mais elle est fluide, pénétrante et peut se mettre indifféremment dans les émulsions eau dans huile comme les émulsions huile dans eau.

J'ai déjà écrit des formules avec du sucrose stearate et du sucramulse/gélisucre mais j'ai manqué de temps pour les réaliser.

Devant l'urgence car il part rapidement, j'ai fait un baume classique à la lécithine.


           L'original est plus pâteux et "tenu" à la sortie du tube que le mien qui s'étale à l'application alors que dans le bol de fabrication, c'est un baume onctueux et coulant  mais pas une huile.

Je pense que le fait d'extruder  à travers la pompe "aplatit" la texture. Le toucher et la pénétration semblent identiques.

Outre l'absence de triheptanoin, la lécithine donne des produits plus mous que les émulsifiants.


DSC03411

             La kératose plantaire (ou palmaire) demande des soins constants avec râpe et crèmes grasses riches en vitamine A et E voire urée comme le médecin l'a ordonné.


            L'été, pieds constamment nus et soumis à l'eau de mer pendant 15 jours, ça devient carrément compliqué car il faut rincer or l'eau douce est rationnée.
Devant le dilemme, j'ai évoqué l'idée d'un baume...

- C'est gras?
- Ben oui, c'est du 100% gras
- Ah, 100% gras...
- Je peux faire un baume qui pénètrera vite surtout sur peau humide.  On pourrait même imaginer que tu en mettes avant de te baigner, ce sont des produits naturels, ça ne polluera pas la mer (c'est un pêcheur émérite); En tous cas pas plus que les crèmes du commerce.


          J'ai donc repris la vieille formule de baume que j'ai déclinée ici, diminué la quantité de cire, augmenté celle  de la lécithine et celles des huiles choisies pour nourrir et traiter.
Cela donne un baume fluide.

DSC03409

          Dans "l'Aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles, Ed. Amyris"  Dominique Baudoux préconise pour les kératoses, une synergie à base de trois  huiles essentielles  (romarin ct camphre, pin maritime, eucalyptus mentholé) identique à celle des cors et durillons dans lesquels il y a une notion de douleurs irradiantes.
Ce n'est pas le cas ici.

Je garde ces notes pour le parfum frais mais je choisis des HE plus faciles à utiliser et sans effets secondaires majeurs pour un adulte:

- Pin sylvestre (tonique général, anti-fatigue)
- Eucalyptus globulus indien (antifongique, rafraichissante) merci Chabou
- Romarin ct verbenone (tonique cutané)
- Lavande fine (cicatrisante, antiseptique, calmante)


        Formule d'un baume fluide (pour tubes ou  flacons pompe)

- 76% huiles végétales fluides
- 10% cire d'abeille de l'apiculteur
- 5% de kpangnan (ou karité, beurre souple)
- 4% lécithine liquide
- 3% glycérine végétale bio
- 1% vitamine E
- 0.5% Aox Cos
- 0.5% HE

 

DSC03412

 

            Mon choix d'huiles végétales

les 76% ont été réparties comme suit:

- 25% d'huile de jojoba bio

Cire liquide, pénètre vite, forme un film protecteur intéressant quand les pieds sont soumis à une humidité constante, protège de le déshydratation

- 20% d'huile de chaulmoogra (Bilby)

Très intéressante pour les états squameux (cuir chevelu à pellicules),  peaux eczémateuses et à psoriasis, je compte également sur son action antibactérienne.
Sur un voilier, on peut se blesser les pieds.


- 15% d'huile de kukui (Aleurites moluccana, quel joli nom, on y va aux Moluques?)

Très riche en omega 6 et 3, elle serait intéressante pour traiter le psoriasis et les peaux abimées et déshydratées.


- 10% d'huile d'olive bio désodorisée

Très nourrissante et assouplissante grâce aux omégas 9 (acide oléique), je l'ai choisie en version désodorisée car le chaulmoogra se suffit à lui même côté odeur...


- 6% d'huile de rose musquée bio

Pour sa richesse en rétinol précurseur de la vitamine A que cette personne utilise déjà dans sa crème habituelle.

Les huiles de kukui et de rose musquée sont sensibles à l'oxydation et ont été introduites le plus tard possible. Ce baume sera soumis à la chaleur de l'été, je l'ai protégé grâce à 0.5% d'antioxydant efficace (Aox cos).


          Le baume est pénétrant et ne durcira pas dans les tubes et les flacons pompe.
Je l'ai malaxé le plus longuement possible puis coulé au refroidissement.

           L'odeur est fraîche et rafraichissante.
A 0.5% d'huiles essentielles,  elle est discrète mais couvre bien  le chaulmoogra.

DSC03413


          Au lavage des instruments et ustensiles de fabrication, l'eau est devenue lactescente grâce à la présence de lécithine.
J'imagine très bien cette formule déclinée en baume démaquillant.

Je l'ai bien sûr testé en malaxage  sur le visage et la "rinçabilité" est parfaite. Il suffira d'adapter les huiles qui conviennent au type de peau que l'on veut nettoyer.

La mise en tubes plastiques est très pratique pour les démaquillants qui peuvent trainer sur le bord du lavabo sans craindre les chutes.

         On verra en septembre à son retour si mes baumes fluides ont "fait la job" ... sur les pieds !

            Je vous l'avais promis, voici donc le second volet de ma ligne de soins quotidiens pour les peaux mixtes et grasses, éventuellement sujettes aux imperfections.

 

            Ce sérum est le soin traitant de la gamme, et je l'ai voulu vraiment très efficace. Je l'ai donc formulé autour d'actifs qui agissent en synergie pour décongestionner la peau, rééquilibrer les productions sébacées et illuminer le teint.

 

02082010685


            Un sérum, c'est très concentré. À travers ce terme, on désigne non pas le meilleur des crèmes, mais d'autres formules, des condensés d'actifs dont le nombre frise parfois la cinquantaine.

L'idée de départ était de proposer les sérums comme des "cures" annuelles de bienfaits cutanés, un peu comme les compléments en vitamines et minéraux qu'on avale pour aider l'organisme éprouvé par l'hiver. Ils manquaient souvent de fluidité et étaient plutôt réservés aux dames.

Aujourd'hui, le sérum est la quintessence du soin topique. Il regorge toujours d'actifs sélectionnés, mais ne cible plus seulement les séniors. Désormais aérien et délicatement fluide, il est appliqué rapidement et convient donc aussi aux plus pressés.


            C'est ce type de soins qui me séduit le plus. Ciblé, efficace mais délicat, raffiné. En plus, ça me permet de ne pas avoir des crèmes hydratantes avec une liste d'actifs interminable. Ce type de crème donne parfois des textures étranges, désagréables, quand ça ne se déphase pas... Et l'odeur est parfois... hum... spéciale, dirais-je.

 

            Je vous livre une formule facilement adaptable (en pourcentages) :

 

Formule de mon sérum Équilibrance|Rédemption :

 

- Phase A

. hydrolat (lavande, tea tree, romarin à verbénone, etc.) : q.s.p. 100
. 15 HG concombre (AZ)
. 5 simulgel / Sodium Polyacrylate Plus (INCI similaires mais légèrement différents)
. 4 D-panthénol
. 3 urée
. 2 squalane
. 2 bisabolol
. 1 isopropyl palmitate (ou squalane)
. 1 He (10 palmarosa, 9 géranium, 8 bois de rose, 6 copaïba distillé)
. 0,7 cosgard
. 0,5 xanthane
. 0,3 cuivre-PCA
. 0,3 zinc-PCA

- Phase B

. 10 teinture de géranium (une merveille olfactive sucrée offerte par Venezia)
. 5-10 AHA (ceux d'AZ, dilués à 50%, ajuster selon le votre)
. 2 acide salicylique
. 0,5 teinture de propolis
. 10 gouttes de teinture de consoude (offerte par Venezia)

   

               Pazapas : 

- Diluer l'acide salicylique dans les teintures. Ajouter les AHA. L'acide salicylique est soluble surtout dans l'alcool mais des grumeaux peuvent rester malgré tout. 

- Dans un bécher, peser l'hydrolat. Y diluer l'urée puis le Cuivre- et le Zinc-PCA, et ajouter un à un les autres ingrédients de la phase B en terminant par le simulgel, puis la xanthane (en mixant bien à chaque fois).

- Ajouter la phase A.

Grâce au mixer, les quelques grumeaux d'acide salicylique sont bien dispersés. De toute façon, j'ai constaté que les gros grains se solubilisaient au contact du simulgel.

- Conditionner en flacon pompe. Pour un flacon avec pipette, réduire la proportion de simulgel à 3% et la xanthane à 0,2-0,3% (selon la votre), et ajuster le pourcentage d'hydrolat pour un total de 100%.

 

02082010683

 

Appliquer le soir en couche fine, sur peau préalablement nettoyée. Un léger picotement peu parfois être ressenti sur certaines zones plus sensibles ou irritées (à la base des narines par exemple).

Commencez par une application tous les deux soirs et augmenter la fréquence jusqu'à chaque soir si vous ne constatez aucune irritation ou sensibilisation.

On conseille parfois de n'utiliser les AHA et BHA qu'en cure, car de tels soins sollicitent beaucoup le renouvellement cellulaire.


Quelques points blancs peuvent apparaître au début des applications. Normalement, ils disparaîtront rapidement. C'est un peu comme à la fin de l'été et que l'on a pris le soleil : la peau réagit souvent en bourgeonnant, une semaine ou deux après l'arrêt de l'exposition.

Dans ce sérum, j'ai introduit un peu d'extrait de propolis pour palier à ce problème. Ça devrait tuer dans l'œuf toute velléité de l'ennemi. Attention toutefois aux terrains allergiques (aux produits de la ruche ici). 

  

Quelques mises en garde inhérentes à ce type de produit :


- Faire un test derrière l'oreille et au pli du coude, et attendre 24 H pour ne constater aucune réaction.

- Ne pas combiner au gel d'aloe vera. L'association est détonante et peut provoquer rougeurs et sensibilisations.

- Éviter tout contact avec les yeux et leurs contours.

- Si vous constatez une réelle irritation, cessez immédiatement l'application, rincer à l'eau claire et appliquer un soin ou un hydrolat apaisant. Si l'irritation persiste, consultez un médecin.

- Avant toute exposition au soleil, il est souvent recommandé d'appliquer un écran solaire sur les régions où l'on a appliqué un produit contenant des AHA en forte quantité. La peau n'a en effet plus ses cellules mortes qui forment un écran solaire naturel.

Il me semble que la concentration maximum autorisée sur le marché en libre service est de 15 ou 20% en France selon que le soin se rince ou non. Ce soin est dosé à 5% d'AHA d'AZ qui son eux-mêmes concentrés à 50%. Faites le calcul ! ;)

En tout cas, rassurez-vous, on est bien en deçà des concentrations en acides de certaines crèmes du commerce qui peuvent avoir des dosages très haut (j'ai vu un nombre conséquent de crèmes à 15% et le dosage peut monter jusqu'à 20% dans certains masques à laisser poser et à rincer).

Quant à l'acide salicylique, on le dit plus doux que les AHA. On le trouve communément dosé à 2% pour le visage. Zinette, chez qui je me suis fourni, le préconise jusqu'à 3% sur le visage.

  

02082010684

 

            Les actifs choisis sont volontairement peu nombreux, mais particulièrement ciblés et efficaces. Costauds diraient certaines... Mais le sérum a l'avantage de permettre de n'en délivrer à la peau que la dose idéale. Bien dosés et bien associés, mes actifs s'avèrent très efficaces même en couche fine.


Mon soin est fondé sur quatres axes majeurs :

- des acides de fruits et de l'acide salicylique : rénovateurs et assainissants

    Les acides de fruits sont des AHA (pour Alpha HydroxyAcids) et sont dérivés des sucres de fruit. Ils sont souvent conseillés aux peaux épaisses, luisantes et aux teints brouillés. En dehors des peaux sensibles, ils s'adaptent à tous les épidermes avec un dosage adapté.

Très bons agents kératolytiques (c'est ainsi que l'on appelle les actifs qui "décollent les cellules mortes"), ils ont un effet exfoliant certain et éliminent les surplus de sébum, ce qui illumine le teint par effet "peeling". La peau retrouve son éclat, le grain est lissée, le teint unifié et les pores resserrés. La peau est plus souple et mieux hydratée. Les bains de lait d'ânesse de Cléopâtre, c'était ça : elle recherchait l'action acide du lactate.

Les AHA ont également la faculté de favoriser le renouvellement cellulaire et la production de collagène.

Pour des informations plus pointues, je vous renvoie à la fiche d'AZ.


    L'acide salicylique est un BHA (pour Bêta HydroxyAcids) et, oui, c'est lui qui est à l'origine de l'aspirine. Sa nature de BHA le rend plus doux que les AHA.

Comme les AHA, c'est également un excellent agent kératolytique qui possède en plus des propriété bactériostatiques, bactéricides, anti-prurigineuse et anti-fongiques. Outre l'utilisation sur les peaux grasses, mixtes et/ou à imperfections, il est utilisé pour éliminer les cors, les verrues et les pellicules (pour citer les usages les plus courants).

Quelques informations plus détaillées.

    L'intérêt des AHA et des BHA est également de rééquilibrer le pH des peaux mixtes et grasses. Pour mémoire, je vous remets le lien qui m'a incité à faire cette ligne de soin.


    Les AHA et BHA sont malgré tout d'un maniement difficile. Et il faut vraiment commencer par des dosages faibles et augmenter petit à petit pour trouver son dosage à soi.

Par ailleurs, attentions aux associations avec les AHA et BHA : certaines synergies peuvent être trop fortes pour la peau.

    Si un soin à laisser sur la peau est trop rude pour certaines peaux, on peut également créer un soin à rincer, un masque effet peeling bi-hebdomadaire par exemple. J'en ai vu qui associent, apparemment avec succès, les AHA, l'acide salicylique et même des enzymes (pourquoi pas un peu de Régulat ? Notre princesse préférée l'expérimente avec succès. Mais attention, je parlais à l'instant d'associations détonantes... L'effet de synergie peut sans doute permettre d'utiliser des dosages moindres pour une efficacité optimale.)

[EDIT (un mois après écriture de cet article) : j'ai testé, l'association AHA/BHA/régulat est excellente et moins agressive car on utilise une moindre proportion d'acides.]

    Mais dans tous les cas, il est très important de commencer avec de faibles dosages et voir comment la peau réagit. (Je sais, je l'ai déjà dit. Trop jeune pour radoter dites-vous ?)

On peut également consulter un dermatologue qui indiquera le rythme des applications et la concentration en acides.


           - le duo cuivre-PCA et zinc-PCA : pour rééquilibrer les zones grasses

    Ce sont des sels de cuivres et des sels de zinc associés au PCA (acide pyrrolidone-carboxylique) qui est présent naturellement dans le facteur d'hydratation naturel de la peau. L'intérêt réside dans l'absorption optimisée des ions métalliques qui en résulte car ils sont couplés à une molécule que la peau reconnait.

Le cuivre-PCA régule l'activité des glandes sébacées et c'est également un précieux anti-décrépitude.

Le zinc-PCA est également séborégulateur (je me souviens encore de l'époque où le dermatologue m'avait prescrit des gélules de zinc...). Il est anti-inflammatoire, cicatrisant et anti-bactérien (très efficace dans le cas de l'acné).

Dans la même famille, on peut également jouer la carte du myristyl-PCA qui est également efficace contre l'acné.

Plus d'informations sur le cuivre-PCA et sur le zinc-PCA.


    Attention, le cuivre-PCA est très oxydant et peu très facilement se réduire en présence d'ingrédient plus oxydable que lui. Dans ce soin, j'ai fait exprès de ne rien mettre qui s'oxyde pour ne pas courir de risque. Mais si le soin blanchi, devient gris (vert de gris en fait) voir carrément marron cuivré, c'est que le cuivre s'est réduit et a oxydé un autre ingrédient. Je pense qu'il vaut alors mieux arrêter l'application.

Le cuivre-PCA est également incompatible avec le cétéaryl glucoside qui le rend inactif. Je pense également que le sucrose stéarate — et peut-être les sucro-esters en général ? — est incompatible avec cet actif car ma dernière crème visage a viré au brun cuivré en moins d'une semaine. Je soupçonne le sucrose stéarate d'avoir joué le rôle de catalyseur.

Le zinc-PCA est beaucoup plus stable et on observe bien plus rarement ce genre de problèmes.


           - des agents apaisants : pour éviter les irritations

On a :

. l'allantoïne, également séborégulatrice,

. le bisabolol, composé très apaisant, indispensable selon moi avec les AHA/BHA.

. le D-panthénol, hydratant et anti-inflammatoire,

. l'hydrolats de lavande, frais, purifiant et apaisant.

. la teinture de consoude, très concentrée et réparatrice.

      

           - l'extrait hydroglycériné de concombre frais (AZ) : pour son effet illuminateur de teint et pour ses propriétés purifiantes et séborégulatrices.

Je vous renvoi directement vers la fiche technique d'AZ qui raconte tout ça mieux que moi.


    On peut bien entendu ajouter d'autres extraits botaniques, qui peuvent d'ailleurs plus être ciblés anti-imperfection. D'ailleurs, si imperfections il y a, augmenter l'extrait de propolis à 1% voire 2%. Résultat garanti ! Mais l'odeur...


Pourquoi seulement du Simulgel EG / Sodium Polyacrylate Plus ?

     

        Il y a deux raisons à ce choix unique.

- D'une part, il est très difficile de stabiliser une émulsion réalisée avec un émulsifiant naturel contenant autant d'AHA. Même la gelée à l'olivem (réputé pour sa stabilité), pourtant sans phase grasse à émulsionner, n'a pas bien tenu. Il est préférable de se tourner vers des émulsifiants éthoxylés (PEG ou avec des noms d'INCI se terminant en -eth) qui sont biens plus stables.

- D'autre part, je voulais à tout prix une texture la plus conventionnelle possible : gélifiée, aqueuse, glissante, évanescente. D'où également l'utilisation du squalane et de l'isopropyl palmitate qui apportent aussi un brin d'émollience supplémentaire.

 

        Le dosage du Simugel / Sodium Polyacrylate Plus est plus élevé qu'a l'ordinaire car il est très sensible au pH. Avec un pH aussi bas, il n'épaissit qu'à partir de 3% environ (selon la documentation disponible que le site de Copaïba). On obtient normalement une crème légère à 3%, mais un fluide avec les AHA/BHA.


Formule générale de sérum fin et fluide au Simulgel EG / Sodium Polyacrylate Plus (hors AHA/BHA) sur le forum des Céphées.

Autre formule de gel fluide avec cet émulsifiant.

 

Pour un sérum naturel, je vous renvoie à la gelée à l'olivem 1000 qui est également très agréable à utiliser. Attention, l'émulsion ne tient pas bien avec les AHA/BHA.

On peut également associer le Simulgel à l'olivem avec succès pour empêcher le côté trop conventionnel du Simulgel, et éventuellement en faire une crème fluide légère (en adaptant les dosages pour les acides).

 

Le Simulgel EG est disponible chez Copaïba en Belgique et désormais chez Zinette, qui propose aussi l'isopropyl palmitate. 

  

            Le complexe d'huiles essentielles a surtout été choisi pour être frais, fleuri et légèrement agrume (pour une fois, je sais ce que tu éprouves, Irène, lorsque tu dis ne pas réussir à "raconter" un parfum).

Ces huiles ont tout de même des propriétés astringentes, toniques, anti-bactériennes, régénératrices et, pour le copaïba surtout, apaisantes.

    Les peaux plus sensibles pourraient préférer des huiles essentielles plus apaisantes. Et les peaux sujettes aux imperfections pourraient choisir des huiles encore plus traitantes.


            Contrairement aux masques effet peeling qui doivent exfolier en peu de temps (un quart d'heure généralement), l'efficacité et les bienfaits de ce type de sérum ne commencent à être visibles qu'à moyen terme (au moins deux semaines).

Mais le jeu en vaut la chandelle ! Quelques points blancs sont certes apparus au début des applications, mais depuis je n'ai jamais eu un teint aussi lumineux et une peau aussi parfaite depuis très, très longtemps. Beaucoup de gens autour de moi m'ont trouvé moins fatigué aussi, preuve que le changement est vraiment visible.

Mes actifs ont vraiment bien tenu leurs promesses.

 

            Quant à la texture, une merveille ! J'adore. Tout simplement. C'est exactement comme je voulais : frais, aqueux, glissant, gélifié, ultra-pénétrant. Et l'odeur sied particulièrement bien à cette texture, tout comme la couleur bleu-vert du cuivre-PCA.

Vraiment, je ne saurais que trop vous conseiller de tenter l'expérience !


        Bon... Je viens de me relire : j'en ai encore écrit des tartines. Ça devient une mauvaise habitude. Mais, promis ! Je me soigne pour le troisième volet.

Mais vous n'allez pas le croire, j'ai essayé de faire court !

Pardon pour l'indigestion...            

 

        Je tiens aussi à remercier ma douce Irénée pour le temps qu'elle a passé à relire cet article et ses suggestions qui m'ont été fort utiles. Merci ma belle !