Karité-Aloé-Avoine

Secrets de fabrication

Par atelierdemichele

   Le jour de Noël, je me suis retrouvée en cuisine à préparer un soin rapide pour une peau jeune masculine sujette à eczéma.

"Lui : J'ai la peau fragile.
Mon fils : Tu devrais déjà utiliser les savons de l'appart..."

???
Faut que je m'en mêle.

- J'ai essayé plein de crèmes en France mais ça ne marche pas. J'ai ramené du Canada une crème à l'avoine qui me va.
- Aveeno?
- Oui c'est ça et puis du... je ne sais plus, du cactus là...
- Du gel d'aloé?
- Oui c'est ça

Il m'a donc complètement donné la formule du soin qui lui ferait du bien.

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Beurre de Karité + Aloé férox + Omégas 3 + Soie d'avoine + Vitamines & bisabolol

 

Je fabrique si souvent des cérats et des karité-aloé dont je varie les huiles végétales et les actifs que je me demande si ça vous intéresse toujours...

Ce sont des soins qui marchent vraiment. Il n'est parfois pas utile de se compliquer la vie.

- Beurre de karité

Du Bénin, évidemment...

Quand on n'a pas le temps ni de possibilité de conseiller des trucs sophistiqués pour les peaux sèches à problèmes (hors acné), rien ne vaut le beurre de karité.

On peut lire parfois que le gras pur ne fonctionne pas sur l'eczéma.
Pour moi, le beurre de karité n'est pas du gras pur ^_^
C'est du soin riche en insaponifiables associé à de bons acides gras!

Pour résumer, les propriétés du beurre de karité résident dans son exceptionnelle teneur en insaponifiables : anti-inflammatoires de fait, cicatrisants et réparateurs cutanés.

Ce taux diminue au fur et à mesure du vieillissement de la matière grasse et surtout au fur et à mesure de son oxydation.
Un beurre de karité dont l'odeur dérange est forcément un karité trop vieux, oxydé ou mal préparé.

Un bon beurre de karité a une odeur caractéristique mais ne doit jamais piquer le nez, signe de son acidification. Je radote hein?

 

- Aloé férox

Quand ça fonctionne sur la peau, il suffit d'enrichir le beurre de karité avec le minimum de phase aqueuse puisqu'il peut absorber de l'eau en formant une émulsion particulièrement stable.

J'ai toujours du gel d'aloé au frigo.
Cette fois, il est préparé avec du jus d'aloé férox bio, 1% de gomme amigel et est conservé au géogard.

 Karité-aloé : du bien pour toutes les peaux sèches, abîmées, âgées, déshydratées...

 

Omégas 3 

Ce sont également des acides gras réparateurs et anti-inflammatoires : On a le choix entre huile de cameline, de chia, de chanvre, d'inca inchi...

Toutes contiennent des quantités non négligeables d'omégas 6 qui sont les ciments cutanés permettant entre autres de ralentir la déshydratation cutanée.

                                  Oméga 3            Omégas 6

Huile de chanvre          18%                   59%
Huile de cameline         32%                  17%
Huile d'inca inchi          47%                   35%

Y a pas photo...

J'ai choisi l'huile d'inca inchi vendue à présent comme huile alimentaire par Vigean.

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Quand je pense que Malégria m'en avait offert il y a tant d'années lorsque cette huile avait été primée à un salon à Paris... Il en a fallu du temps pour qu'elle soit reconnue comme huile alimentaire!
On trouve maintenant aussi de l'huile de chia chez Bioplanète, quelle chance on a!

D'autres extraits sont intéressants pour l'eczéma tels les CO2 lipidiques (onagre, bourrache, rose)...
J'ai tenu à faire un soin le moins odorant et le moins coloré possible.

 

- Soie d'avoine

Incorporée en très faible quantité pour ne pas alourdir la texture ni en fragiliser la conservation. Je tenais à en mettre pour que sa peau reconnaisse la crème qu'il utilise habituellement.

J'aurais bien pu mettre de l'huile d'avoine si riche, un autre extrait d'amidon...

Un karité-aloé qui ne contient pas beaucoup d'huiles végétales et dont les proportions sont équilibrées ne nécessite pas l'adjonction d'amidon pour diminuer le toucher gras.

La peau le boit littéralement et ici la soie d'avoine est justifiée uniquement pour faire un lien avec le passé de cette peau.
Ma fomule idéale de karité-aloé est composée de 25% de gel d'aloé et 75% de beurre de karité que je décline à tout va.

 

- Vitamines

Les deux plus évidentes sont :

. la vitamine E qui prolonge la durée de vie des acides gras fragilisés par l'incorporation d'air dans ces karités fouettés
. la provitamine B5 ou D Panthénol dont la versatilité pour un prix modique est un must (anti-inflammatoire, hydratant, apaisant, réparateur...).

 

Alpha-bisabolol

Actif liposoluble très utile quand on ne peut pas utiliser d'huile essentielle de camomille matricaire.

C'est un ingrédient encore une fois anti-inflammatoire, anti-irritant et cicatrisant qui fait une job d'enfer à faible dose. J'en mets le maximum néanmoins (0.5%) vu la rougeur des plaques et les lésions de grattage sur la peau du jeune homme.

A plus forte dose, on peut voir diminuer l'activité sur les facteurs de l'inflammation. Le mieux peut alors être l'ennemi du bien...

 

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Formule du Karité-Aloé-Avoine

- Phase A

20% Gel d'aloé férox maison
5% D Panthénol (Bilby and Co.)

- Phase B

68% Beurre de karité du Bénin
5% Huile d'inca inchi bio (Vigean)
1% Vitamine E
0.5% Bisabolol (Aroma-zone)

- Phase C

0.5% Soie d'avoine (Les utiles de Zinette)

 

Je pense qu'il est toujours utile de sortir tous les ingrédients à l'avance afin qu'il y ait moins de chocs thermiques à l'adjonction des phases. Le risque est que certains composés du karité cistallisent.
Je dis ça mais je ne le fais jamais donc il faut scinder tout ça en différentes phases ...

 

Mode opératoire

- Dans le bol du mixer désinfecté, peser le beurre de karité et détailler en menus morceaux
Faire tiédir légèrement au bain marie sans faire fondre complètement puis malaxer hors du feu jusqu'à fonte totale.

Le beurre n'est alors pas liquide mais sirupeux.

- Fouetter à l'électrique en faisant régulièrement des pauses et en ramenant sans cesse le beurre des bords du bol vers le fond.

- Dans un mini bécher peser l'huile végétale, la vitamine E et le bisabolol.
Ajouter dans le bol quand le beurre est bien gonflé et en 3 fois malgré la faible proportion.
Fouetter continuellement pendant la suite des opérations pour obtenir un beurre bien aérien.

- Peser le gel d'aloé dans un mini bécher et faire à peine tiédir. Attention, le gel étant conservé, il ne faut pas le mener au delà de 30°C sous peine d'inactiver le conservateur.
Ajouter le D Panthénol et mélanger

- Ajouter en 3 fois dans le karité fouetté tout en continuant à fouetter.
En toute fin ajouter la soie d'avoine tamisée.

- Conditionner en pots.
J'en fabrique généralement 200g pour faciliter le travail du Kitchen Aid. J'ai tout offert dans un gros pot pour la salle de bains et dans 2 petits pots pour emmener en cours.

Ses mains sont assez abîmées et ont besoin d'être traitées plusieurs fois dans la journée. Evidemment j'en ai gardé un pot 15ml pour faire les photos.

 

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Bon ben moi j'adore!
Pour les pieds qui me permettent de ramener une branche de conifère de mes marches en forêt


Aloé-Cold cream aux émulsifiants maison

Secrets de fabrication

Par atelierdemichele

             J'avais dans les favoris de mon ordinateur tous ces liens vers les messages de Célimène, Lolitarose , Colchique et Home Mady relatifs à leurs émulsifiants maison.

J'en avais fabriqué quelques uns à base de cire de candellila et cire de jojoba, très efficaces dans certains baumes pour lèvres et superbes en association avec d'autres émulsifiants dans des crèmes nourrissantes.
Je me promettais d'en parler un jour sur Potions et chaudron mais ce jour n'est jamais venu.

 

           Aujourd'hui j'ai voulu faire un cold-cream à la manière de Weleda qui utilise comme émulsifiants du linoléate de glycéryle ou glyceryl linoléate. Leur cold cream visage contient des huiles végétales (amandes douces et arachide), de l'eau, de la cire d'abeille, un peu d'HE et d'hectorite (argile).
C'est tout et j'adore.

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           Le glycéryl linoléate est simple à faire avec une huile de tournesol riche en acide linoléique.
On l'estérifie avec de la glycérine en milieu acide (acide citrique et vinaigre blanc bio) et à chaud.
Je ne m'étends pas sur la réaction chimique d'estérifcation qui peut se résumer ainsi : acide + alcool donne ester + eau.

Cette huile de tournesol contient d'autres acides gras en plus petite quantité que le linoléique (acide oléique, acide palmitique...) ainsi que des cires ... puisqu'elle n'est pas raffinée.
Voici sa composition pour 100g d'huile:

10g acides gras saturés (acide stéarique, palmitique...)
25g acides gras mono-insturés (acide oléique)
65g acides gras poly-insaturés (acide linoléique)
60mg de vit E


Ces acides gras seront donc estérifiés eux aussi, me donnant un mélange d'esters (glycéryl linoléate and glycéryl oléate and glycéryl stéarate ...) certainement plus émollient mais moins pur et peut-être moins émulsionnant que le glycéryl linoléate de Weleda.

 

En milieu acide (vinaigre et acide citrique) et à chaud (BM)

Acide carboxylique
20160301_094523(acides gras de l'HV de tournesol linoléique)
+
Alcool
(la
glycérine est un alcool encore dénommé glycérol)
=
Ester
(émulsifiant maison ou glycéryl linoléate and glycéryl oléate and...)

+
Eau

 

        

           Pour bétonner mon émulsion, je décide d'hydrolyser de la cire d'abeille (beeswax) en milieu basique (soude) pour faire un savon de cire d'abeille ou sodium beeswaxate, un émulsifiant présent également dans certains anciens produits de Weleda.

Si l'on réalise une estérification de cire d'abeille grâce à la glycérine en milieu acide, on fabrique du céralan maison.

Nous avions testé à certains moments le savon comme émulsifiant dans les crèmes. On fait simplement la même chose avec la cire d'abeille.

Même si la cire d'abeille est riche en esters plutôt qu'en acides gras, on peut parler de " savon". J'ai choisi de saponifier celle en feuilles que Gingembre m'a offert et qui donne un cold-cream doré.

Célimène qui est à l'origine de cet engouement pour les émulsifiants maison indique quelque part que plus la cire d'abeille est brute, plus le savon obtenu après saponification est efficace comme émulsifiant.
A tester avec une cire d'abeille blanche purifiée pour voir la différence surtout si l'on tient à un cold-cream bien blanc.

 

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              Fabrication du complexe glycéryl linoléate 

1 part d'huile végétale (30g) + 1/2 part de vinaigre (15g) corsé d'acide citrique (1 cuillère à café)
+ 3 parts de glycérine (l'alcool doit être en excès): 90g

Diluer l'acide citrique dans le vinaigre et mettre dans un bécher avec l'huile de tournesol et la glycérine. Faire chauffer au bain-marie pendant 3/4 d'heure à 1 heure en mélangeant régulièrement.
Faire refroidir à température ambiante puis faire prendre au réfrigérateur.

Récupérer le disque plus ou moins épais et jeter l'eau résiduelle.
Rincer et faire sécher.
Avec une huile végétale sans cires, le disque dur est plutôt pâteux et cireux.

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                    Fabrication de la cire d'abeille saponifiée (sodium beeswaxate)

30g cire d'abeille brute
11g d'eau déminéralisée
2g de soude caustique (à peine 2% de surgras)

Faire fondre la cire d'abeille au bain-marie.
Préparer la solution de soude en versant les perles de soude dans l'eau, bien mélanger pour obtenir une solution limpide.
Verser petit à petit la solution de soude dans la cire fondue et mélanger continuellement au bain marie pour saponifier.

Le savon prend immédiatement dans le bécher et il est difficile de savoir quand on atteint la trace. Au bout de 10 mn de cuisson au bain marie éteint, verser la pâte dans un moule en silicone et faire cuire au four en ITMHP pendant 2h à 60°C.

Laisser reposer toute la nuit dans le four éteint.
Démouler et émietter avec les mains gantées, laisser sécher ainsi ou réduire en poudre à l'aide d'un moulin à café (attention, ça peut coller aux couteaux).

J'ai préféré laisser en l'état.

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La cuisson du savon au bain marie pendant 10 mn puis au four pendant 2 h permet de s'assurer que la saponification a été menée au bout puisque la trace est impossible à repérer.

On peut aussi vérifier cela en faisant "mousser" un peu de sodium beeswaxate sous un filet d'eau chaude.

 

               Fabrication de mon Aloé-Cold cream aux émulsifiants maison

J'ai repris à peu près la formule générale d'un  cold-cream glycériné en remplaçant cire d'abeille et cétyl palmitate par mes émulsifiants maison.

J'ai omis la glycérine afin de gagner un peu de phase aqueuse (jus et gel d'aloé).

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- Phase huileuse

. 9% Complexe glycéryl linoléate
. 4.5% Cire d'abeille brute (merci Gingembre)
. 45.50% Huile de tournesol bio macérée à la camomille matricaire (ou autre HV)

- Phase aqueuse

. 8% Cire d'abeille saponifiée (sodium beeswaxate)
. 18% Jus d'aloé véra (ou  hydrolat ou eau)
. 15% Gel d'aloé véra maison (à 1% de gommes carraghénanes et xanthane à parties égales

 

 

 

Mode opératoire

- Dans un bécher désinfecté, peser la phase huileuse
Faire chauffer au bain marie à 80° C

- Dans un autre bécher désinfecté, peser le jus d'aloé véra et la cire d'abeille saponifiée.
Faire chauffer au  bain marie pour faire fondre l'émulsifiant.
Ajouter le gel d'aloé véra, bien mélanger et chauffer à 80° C

- A 80°C, verser en 3 fois tout en mixant la phase aqueuse dans la phase huileuse.
Laisser à cette température tout en mixant, dans le bain marie éteint s'il le faut.

- Au bout de 5 à 10 mn de mélange, retirer du bain marie et continuer à malaxer à la spatule en silicone tout en raclant les bords qui refroidissent plus vite que la masse.

Couler en pot dès que le refroidissement est net mais sans attendre que ça fige complètement.
Le cold cream semble dur mais il est souple, épais et facile à malaxer.

 

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             La texture s'assouplit au fil des jours donnant une émulsion onctueuse et très agréable à appliquer.

Comparativement à celui de Weleda, mon aloé-cold cream est un peu plus épais mais il peut être mis en tubes métalliques.
Je pense que l'on peut tout à fait diminuer la proportion de cire d'abeille à 1 ou 2 %.

Craignant un possible déphasage, j'ai voulu bétonner l'émulsion avec 4.5% de cire d'abeille et un gélifiant. La formule de Weleda contient de l'hectorite qui joue aussi ce rôle.

Je n'ai mis aucun conservateur et c'est la raison pour laquelle j'ai choisi un jus et du gel d'aloé conservés. Avec un hydrolat et/ou de l'eau surtout en pots, je pense plus raisonnable d'ajouter un conservateur.

Sur la peau, la pénétration est rapide, peu grasse mais suffisamment protectrice comme on l'attend d'un cold cream.
J'y retrouve parfaitement la sensation de fraîcheur caractéristique du cold-cream dont le nom anglais indique bien cela.

     

          A quoi sert un cold-cream?

Certes riche en corps gras (environ 50%), cette émulsion à l'ancienne est destinée aux peaux sèches à très sèches.
A l'instar d'un cérat, un cold-cream :

- préserve la peau du dessèchement
- renforce le film hydro-lipidique
- protège des agressions extérieures (froid, vent, produits chimiques et détergents...)

En hiver, c'est un soin d'appoint que j'utilise en couche épaisse ou en touches sur les diverses zones concernées.

 

          Bon, moi j'adore .... et n'ai plus qu'une envie, c'est de recommencer parce que toutes les émulsions avec phase aqueuse importante que j'ai réalisées avec le glycéryl linoléate ont déphasé.

Je n'ai pas testé avec les deux émulsifiants ensemble et je pense que l'on pourrait certainement diminuer la part de corps gras, celles des émulsifiants, calculer des HLB...

Bref, tout un monde s'ouvre à nouveau. Même si je suis dubitative sur l'intérêt de fabriquer tous ses émulsifiants soi même et sur le fait que ces techniques ne me semblent pas permettre l'obtention de crèmes légères, à sensorialité sophistiquée.

Je vous recommande de lire tous les articles en lien avec leurs commentaires, celui de Home Mady est un excellent résumé complet et il comprend plusieurs volets à lire et à relire.

Alambic, distillation & Co !

Secrets de fabrication

Par syllvie

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Au printemps, la nature s'éveille de toutes parts et on a envie de fabriquer :
des teintures, des macérats et des hydrolats !!!!

 

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J'ai la chance d'habiter un endroit assez préservé près de la mer, de sites sauvages de type méditerranéen où, je récolte par exemple, du romarin et du ciste évidemment,

j'adore, je suis fan de ciste de l'odeur du ciste lorsque qu'il grille sous le soleil estival qui sèche tout !!!

Un vrai souvenir de petite fille, quand avec mes parents, j'allais chez ma copine pour des vacances à la mer, on traversait un massif rempli de cistes, de pins parasols, de vignes rabougries, l'odeur entêtante du ciste mêlée au chant des cigales et au bruit du vent dans les pins était magique...

Cette année, distillation de ciste de Montpellier tout frais avec ses jeunes pousses, peut-être moins résineux que celui d'août, à vérifier.

Des fleurs de vignes sauvages, du sureau et du millepertuis , le thym et le romarin vont y passer aussi, quand j'aurai le temps!

 

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Tout comme la camomille, la mauve toujours ou presque en fleurs et la lavande en août, le tilleul, la menthe, la verveine … et ce que j'oublie.

La priorité va toujours pour certaines fleurs dont la durée de vie est courte, la fleur de vigne par exemple !!!

La liste des plantes à distiller est grande, mais je me cantonne à ce que j'ai sous la main, qui me plaît ou dont j'ai besoin, soit pour la cosmétique, soit en interne.

 

 

 

 

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J'ai acheté ce petit alambic chez Maritas, 3 litres, à colonnes qui convient bien à la distillation des plantes, et grâce à un petit florentin offert par Karine (Bioty passion) j'obtiens parfois quelques gouttes d'huile essentielle !!!!

 

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C'est une autre façon de profiter des bienfaits des plantes, mieux les appréhender, partager avec les copines: du bonheur en somme !!

 

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Promis je ne distille que des plantes !
Et vous quels sont vos hydrolats préférés ?

 

Bonjour à toutes/tous,

J'avais promis..... j'avais promis il y a approx deux ans déjà ..... que je publierai un article sur mon hydrolat de jeunes noix de coco.....Pour les besoins de l'article j'avais même re-créé les conditions d'obtention de ce liquide odorant de A à Z et cette fois j'avais pris des photos pour en faire un montage.

Mais, le résultat final ne me satisfaisant pas, j'ai remis à plus tard l'écriture de cet article .....grossière erreur!!!!  car la vie se charge ne vous distraire et cet article a fini pas vieillir dans mes tiroirs pendant près de 2 ans. Donc j'ignore si cet article est toujours d'actualité mais je tenais tout de même à vous le présenter.

Le voici donc avec quelques rides en plus : ma rosée de jeunes noix de coco.

Donc, vous l'aurez compris, aujourd’hui, je souhaiterais vous parler non pas de savons mais plutôt d'alambics et d'hydrolats fait maison.

Qu’est-ce qu’un alambic ? Selon  Le Larousse :

nom masculin (arabe al-anbīq, du grec ambiks, -ikos, vase)

Appareil servant à la distillation, composé d'une chaudière (cucurbite) soumise à chauffage et d'où les vapeurs se dégagent par le chapiteau, puis passent par un col-de-cygne pour gagner le réfrigérant formé par un serpentin refroidi par de l'eau.           

 

J’ai découvert ce fascinant domaine grâce au super blog de Cristine.

http://www.100100plantes.com/ et plus particulièrement ses pages traitant de ses hydrolats fait maison : http://www.100100plantes.com/article-hydrolats-faits-maison-mes-trucs-73756016.html

Sur le net, plusieurs fournisseurs proposent ces objets. Les miens (eh oui, j’ai succombé deux fois !!!) viennent de Tunisie. C’est plus particulièrement grâce à Sonya que l’aventure a été possible. Son blog : http://naturedouce.canalblog.com/

Ses hydrolats, petites merveilles olfactives : http://naturedouce.canalblog.com/archives/hydrolats_faits_maison/index.html

Son email : oum-3ali@hotmail.com (n'hésitez pas à la contacter pour toutes questions). Pour vous donner une idée, elle présente ici les différents modèles et leurs utilisations: modele_alambic

En faisant la connaissance de la douce Sonya, je suis tombée sous le charme de ses superbes hydrolats !

Un monde nouveau s’est ouvert à moi !

Pour la petite histoire, j’ai longtemps résisté avant d’acheter mon premier alambic me disant que je n’en aurais pas l’utilité (un gadget supplémentaire qui encombre) et que les eaux florales achetées en magasin me revenaient moins chers au final……

Mais, trois arguments m’ont fait basculer :

-  Dans le commerce, celles proposées sont bien souvent « communes » : fleur d’oranger, bleuet, camomille….. Or, avec mon propre alambic, les possibilités d’obtenir des hydrolats inhabituels voir même de les combiner sont infinies : bambou-prêle pour un hydrolat boosté en silice.... Pour combattre les poux qui régulièrement assaillent l’école de ma fille, je lui fait un hydrolat special anti poux (menthe, citronnelle, lavande, thym, ortie, romarin….), avec un chouia de vinaigre des 4 Voleurs  et le tout conditionné dans un spray.... les poux se tiennent loin.

Pour d'autres idées d'hydrolats ciblés, je vous renvoie ici au blog Cristine (100% Plantes ma Passion) : hydrolat été spécial minceur/contour des yeux http://www.100100plantes.com/8-categorie-11981785.html et celui de Sonya (Hydrolat contour des yeux: http://naturedouce.canalblog.com/archives/2011/11/02/22556697.html)

- Habitant à la campagne, je suis environnée de plantes « distillables » : acacia, chèvrefeuille, prêle, bambou, sureau, achillée, menthe, thym, lavande  … ils poussent littéralement sous mes fenêtres…

- La possibilité de distiller des fruits/légumes : j’ai déjà testé pommes, prunes, tomates, concombres…. et aujourd’hui, je vais vous parler de celui de noix de coco.

 

Plutôt que de vous endormir d’un long discours, je vous ai concocté un montage en images. J'espère qu'il vous plaira.

Pour la petite histoire, c’est chez Grand Frais (http://www.grandfrais.com) que j’ai fait la connaissance de ces « jeunes noix de coco ». Mon cerveau s’est mis tout d’un coup en marche  :  « et si on les distillait, me suis je dit….. ».

Un peu d’infos sur Wiki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Noix_de_coco

L’eau présente dans la noix de coco est indispensable à la survie de la noix. Elle puise dans ce liquide pour grandir. Donc plus la noix est jeune plus il y a de liquide à l’intérieur….. Elémentaire mon Cher Watson me diriez vous….

Donc merci de me suivre dans mon aventure :

 

 

 

 Au final avec 4 jeunes noix, j'obtiens 75cl de Rosée de jeunes noix de coco. L'odeur est fidèle, pas comme une fragrance mais plutôt comme celle d'une noix de coco fraiche. Je l'utilise dans les soins capillaires (nourrit et fait briller les cheveux),dans les déodorants (action anti bactérienne)... autant pour ses proprietes cosmétiques que pour son odeur paradisiaque.

Le printemps arrive timidement et je guette les premières fleurs. Petit à petit, j'apprends à les connaitre et à les reconnaitre (merci Cristine).... tout en réfléchissant à mon prochain hydrolat.

Et vous, avez vous déjà attrapé le virus de la distillation ?

Si vous fabriquez déjà vos propres eaux florales, merci de partager vos expériences et de me dire vos préférés.

Isy

 

             Pour une personne spéciale revue lors d'une rencontre spéciale, j'ai fabriqué un déodorant crème au jasmin dont je sais qu'elle apprécie l'odeur capiteuse.

          J'ai repris le trio qui fait partie de son déodorant habituel devenu insuffisant:

- 5% d'alun en poudre
- 5% de lemonester
- 1% de farnésol

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          Ces ingrédients peuvent être utilisés dans des formules spécialement étudiées pour donner, selon votre habitude, des déodorants:

en roll-on
comme celui de Catherine

- en spray
Il suffit de reprendre la formule du roll-on de Catherine en retirant la gomme xanthane.
Les huiles essentielles peuvent alors surnager
, pensez-y!

- en crème
A mettre en tube ou roll-on comme le déodorant fraîcheur du bon Dr Hauschka qui m'a inspirée pour le choix de l'émulsifiant bio.

C'est un ester de sucre (le sucrose laurate) présent dans le sucramulse (Bilby and co.), cold emulsifier (les utiles de zinette) ou gélisucre (Aroma-zone) que j'ai utilisé dans une crème nourrissante pour les mains.

Il contient suffisamment de glycérine pour ne pas en rajouter dans la formule.

 

          Le déodorant-crème obtenu avec le même émulsifiant a la fluidité nécessaire pour être délivré à travers la bille du roll-on.

La trame de cette formule peut évidemment être déclinée en fluide corporel apaisant à l'aloé vera pour cet été,  en sérum fin pour le visage ou  le contour des yeux et des lèvres ...

 

          Je voudrais ainsi  pointer du doigt  qu'avec un seul émulsifiant, on peut obtenir des textures très différentes à décliner (selon vos choix d'huiles, d'épaississants et d'actifs) en plusieurs produits.

Je l'ai suggéré à propos de l'Emu L.

                 Il ne faut pas se bloquer sur tel ou tel ingrédient que l'on n'a pas et surtout ne pas hésiter à demander un conseil sur un émulsifiant ou autre  en votre possession.

Nous avons tenté sur ce blog un classement des recettes en fonction des ingrédients qui nous ont semblé les plus pertinents afin de rendre ces échanges plus fructueux.


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Formule du déodorant crème "Jaschab"


* Introduire dans un bécher désinfecté:

- 30g Eau de source
-   5g Alun en poudre


Chauffer l'eau vers 50° au bain marie pour faire fondre la poudre.
Rectifier l'eau perdue si nécessaire.
 

* Ajouter en mélangeant bien entre chaque ajout et dans l'ordre:

- 20g Hydrolat de jasmin
- 20g Hydrolat de rose bio
-   1g Rice  NS (ou arrow-root, ou amidon de blé modifié)
- 0.3g gomme xanthane


Former un gel fin  en fouettant bien.
Réserver.


* Dans un autre bécher désinfecté, faire fondre au bain marie:

-   6g Emulsifiant gélisucre ou sucramulse ou cold emulsifier
-   2g Huile de ricin (ou autre huile végétale)
- 0.5g Cire de ricin (ou autre cire artificielle: cire de riz, de jojoba, d'amande, d'abricot, d'olive ...)
- 3.2g alcool cétéarylique


* Laisser au bain-marie et ajouter le contenu du premier bécher  en mixant bien pour former une jolie émulsion quasi-instantanée.
Faire refroidir si nécessaire dans un bain d'eau froide.


* Ajouter à froid  dans l'ordre en mélangeant entre chaque ajout:

-   5g Lemonester (ou triethyl citrate)
-   5g Teinture de jasmin de Siphnos issue de la maison de Venezia (eau + alcool 70°)
-   1g Farnésol
- 0.5g Géogard 221
- 0.5g Mélange d'huiles essentielles

Mettre en roll-on ou en tube.

pH attendu: 4/5

Mélange d'huiles essentielles au jasmin en gouttes: 3 absolue de rose, 3 oranger amer, 2 camomille noble, 2 genévrier, 2 jasmin sambac, 1 palmarosa, 1 camomille matricaire, 1 citronnelle de Java, 1 ylang-ylang première, 1 néroli.

Il colore le déodorant en jaune pâle, couleur qui va bien avec l'odeur jasminée.



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          Différentes formules de déodorants sont données ici ou là avec:

- du bicarbonate (qui est basique et donc neutralise l'acidité de la sueur ou alors est préconisé comme désodorisant).

Je ne sais pas si c'est un ingrédient efficace tout seul car on préfère généralement acidifier la peau pour éviter le développement des bactéries.

- du vinaigre (proche du pH de la peau)

Semble plus logique pour acidifier. Mais je ne sais pas si l'odeur même peu persistante n'est pas désagréable.

Mes tantes utilisent un demi-citron frotté dans les aisselles après la douche en guise de déodorant. Elles habitent en pays chaud et n'ont besoin de rien d'autre depuis toujours. C'est un bon moyen de recycler les demi-citrons du petit déjeuner.

- de l'alcool ou des teintures

En quantité minime pour ne pas piquer ou irriter la peau notamment si l'on s'épile.

- des hydrolats calmants (hamamélis) et huiles essentielles qui agissent sur les hormones (sauge comme dans le Hauschka), sur les odeurs (patchouli, santal...), sur les bactéries et champignons (palmarosa, tea tree...)

Mais toutes ne sont pas efficaces sur toutes les transpirations et le mieux que j'ai personnellement trouvé c'est l'association des 3 actifs cités.

Certaines recettes reprennent tout cela pour améliorer encore l'efficacité.


         
         Il faut bien distinguer les effets que l'on souhaite:

- soit une diminution du flux de transpiration

         grâce à l'alun, agent anti-transpirant.

Cette "pierre" peut se passer directement sur les aisselles humidifiées par un hydrolat qui en majore l'effet (hamamélis, tea trea, palmarosa, lavande...)

         Elle se dilue également dans la phase aqueuse du déodorant. Il est alors plus facile de l'utiliser en poudre à faire fondre à chaud à raison de 3 à 10% de la formule.

- soit une absorption des odeurs

         grâce au zinc ricinoléate utilisé entre 1.5 et 3% à faire fondre dans les huiles.

         C'est l'un des agents actifs du déodorant de Hauschka.
Cette action peut être majorée par l'utilisation d'huiles essentielles de santal et de patchouli par exemple qui masqueront les odeurs.

- soit une action sur les bactéries qui dégradent la sueur

         grâce au farnésol (0.3 à 1%) qui inhibe leur prolifération. Egalement présent dans le Hauschka à travers les huiles essentielles.

La transpiration "fraîchement" émise ne sent rien. Ce sont les bactéries naturellement présentes sur la peau qui la dégradent en composés odorants plus ou moins gênants selon les individus.

         Le farnésol est un sesquiterpène, composé aromatique naturel de certaines huiles essentielles. Pour en majorer l'effet je le couple avec des hydrolats et des huiles essentielles qui en contiennent:

. camomilles surtout matricaire,
. jasmins surtout sambac
. roses surtout Damascena
mais aussi genévrier, santal, patchouli, oranger amer, citronnelle, palmarosa, néroli, ylang ylang, tubéreuse...

- soit une régulation de l'acidité de la peau

            grâce au lemonester (ou triethyl citrate) extrait des cerises (4 à 5% de la formule). Présent dans le Hauschka.

Il  acidifie la peau, la rendant moins favorable au développement des bactéries.

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          Selon vos exigences, votre type de transpiration, vous pourrez associer ces différentes actions dans la formule de votre déodorant.

Je trouve que c'est l'un des cosmétiques facile à réussir aujourd'hui à la maison si l'on connait les actions de chaque ingrédient.

 

          Sur les 6 personnes qui ont testé ce déodorant seule la destinatrice a eu une allergie de contact. A part le mélange d'huiles essentielles et l'émulsifiant, elle utilise tous les autres ingrédients à ces doses là dans son déodorant habituel.
Sa peau n'est que très rarement épilée et n'était donc pas irritée.

Le test au creux du coude réalisé a posteriori plusieurs jours après a développé une légère rougeur du coude avec grattage des aisselles (rappel?).
Je vous en donne la formule malgré tout car elle est très efficace sur la transpiration. Je l'utilise depuis des lustres et je refais sensiblement toujours la même en variant la texture.

            C'est la première fois que je la fabrique avec cet émulsifiant qui ne semble pas en cause.
Il faudrait peut-être éviter pour elle de cumuler tous les effets, notamment en utilisant un mélange d'huiles essentielles, de teintures et d'hydrolat contenant tous du farnésol ou du farnesène.

C'est la seule explication que j'ai trouvé à cette réaction sur une peau résistante mais qui semble développer depuis peu quelques intolérances par voie générale.

Autre piste concernant les allergies aux métaux: la cire de ricin est fabriquée à partir d'huile de ricin hydrogénée en présence de nickel comme catalyseur. Ce métal est connu pour provoquer des allergies de contact fréquentes.

             Le farnésol est un allergène de contact reconnu dans les HE. Il fait partie de la liste des 26 ingrédients parfumants sensibilisants à déclaration obligatoire.

Dès qu'un cosmétique naturel contient de l'huile essentielle de rose, de néroli, de l'ylang-ylang, de l'absolue de jasmin ... l'INCI doit obligatoirement comporter le terme farnesol à partir de 0.01% dans un produit rincé et 0.001% dans un produit non rincé.

             Les personnes (surtout de sexe féminin) qui y sont sensibles l'ont également été à la propolis et au baume du Pérou selon cet article en anglais où il a été testé dans une solution à 5%, soit bien plus que dans ma formule mais ce n'est pas toujours dose-dépendant.

    

          J'en profite pour rappeler qu'il est indispensable de procéder à des tests au creux du coude sur 2 jours consécutifs avant d'utiliser plus largement tout cosmétique.

Même, et je dirais surtout s'il est fabriqué par une personne que vous connaissez bien et en qui vous avez toute confiance (la vigilance est inversement proportionnelle à  l'affection que l'on se porte) et même  avec des ingrédients que vous connaissez.

Les intolérances et les allergies sont plus fréquentes avec les ingrédients naturels qu'avec les synthétiques.
On développe des allergies à des ingrédients que l'on connait déjà et contre lesquels on a fabriqué des anti-corps.

         
            
C'est rare mais on aurait tendance à l'oublier !